Snowden semble en bonne voie pour obtenir l'asile en Russie

Les avocats Anatoly Kucherena, Vyacheslav Nikonov et Genry Reznik, la dirigeante du mouvement Soprotivlenie en faveur des droits humains Olga Kostina, l’Ombudsman Vladimir Lukin s’adressaient à la presse vendredi après leur réunion avec Edward Snowden.
Les avocats Anatoly Kucherena, Vyacheslav Nikonov et Genry Reznik, la dirigeante du mouvement Soprotivlenie en faveur des droits humains Olga Kostina, l’Ombudsman Vladimir Lukin s’adressaient à la presse vendredi après leur réunion avec Edward Snowden. - © VASILY MAXIMOV - IMAGEGLOBE

Après trois semaines où il est resté bloqué à l’aéroport de Moscou, Edward Snowden semblait samedi près d’obtenir l’asile temporaire en Russie, plusieurs proches du président russe soutenant la demande qu’il s’est résigné à présenter faute d’alternatives.

Peu après une rencontre inédite vendredi à l'aéroport Cheremetievo-Moscou de l'ex-consultant du renseignement américain avec des défenseurs des droits de l'homme, avocats et hommes politiques proches du pouvoir, le président de la Douma (chambre basse du Parlement) Sergueï Narychkine a déclaré que la Russie devait accueillir sur son territoire ce "défenseur des droits de l'homme agissant pour des millions de gens dans le monde entier".

Une procédure de 2 à 3 semaines

Le célèbre avocat Anatoli Koutcherena, membre de la Chambre civile, un organe consultatif proche Kremlin, a pour sa part promis son aide juridique au fugitif américain de 30 ans qui avait demandé vendredi l'asile en Russie pour pouvoir ensuite se rendre "en toute légalité" en Amérique latine où le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua se sont dits prêts à l'accueillir. "Je vais l'aider à s'orienter dans les nuances de la législation russe" en vue de l'obtention de l'asile, a déclaré Me Koutcherena qui a participé à la rencontre sur la chaîne publique Vesti 24. "Après l'avoir entendu, je lui fais absolument confiance (...) Il est indigné par la violation des droits de l'homme dans le monde. Il faut soutenir un tel homme", a-t-il poursuivi. Selon lui, la procédure d'obtention d'asile pourrait prendre "entre deux et trois semaines. Il faut soumettre une demande au service des Migrations, ensuite elle est examinée par une commission auprès du président chargée des questions de la citoyenneté. Si la commission prend une décision positive, le chef de l'Etat signe un décret dans ce sens", a expliqué l'avocat.

"Impossible de donner un délai" pour Vladimir Poutine

Interrogé samedi sur la radio Echo de Moscou, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a dit qu'il était "impossible de parler des délais dans cette affaire". "Snowden l'insaisissable est finalement sorti de l'ombre et a demandé l'asile" et la Russie "va l'accueillir pour contrarier le Département d'Etat", écrit samedi le quotidien populaire Moskovski Komsomolets.

Le président Barack Obama a appelé dans la nuit de vendredi à samedi son homologue russe Vladimir Poutine, peu après une mise en garde de la Maison Blanche qui a invité Moscou à ne pas offrir une "tribune de propagande" à l'ex-consultant du renseignement en l'autorisant à rester sur son territoire.

"Snowden a dit qu'il ne pourrait pas rester indéfiniment à l'aéroport et que le seul moyen de voir sa sécurité garantie en Russie était de demander l'asile", a écrit dans son blog Tatiana Lokchina de Human Rights Watch qui a participé à la rencontre. Le jeune Américain avait demandé au début de la semaine dernière l'asile politique à une vingtaine de pays, dont la Russie. Mais il était revenu sur sa demande à Moscou après que le président Poutine eut posé comme condition que l'ancien consultant de la CIA cesse ses divulgations sur le programme de surveillance électronique américain. Plusieurs participants à la rencontre avec lui vendredi ont déclaré qu'il était désormais prêt à accepter cette condition.

"J'ai l'impression que M. Snowden ne sait pas ce qu'il veut (...) Toute cette histoire me rappelle un feuilleton mexicain", a commenté Mikhaïl Fedotov, président du Conseil consultatif pour les droits de l'homme auprès du président russe. Pour Sergueï Parkhomenko, chroniqueur sur la radio Echo de Moscou, les derniers développements dans le saga Snowden signifient qu'"il est entré en jeu avec les services spéciaux russes. Aucune personne dans aucune circonstance n'aurait pu organiser une rencontre" comme celle qui a eu lieu à Cheremetievo vendredi, a-t-il estimé. "Ce ne sont que les services spéciaux qui sont en mesure de le faire".

Moscou toujours dans l'attente samedi d'une demande officielle d'asile

Les autorités russes ont souligné samedi n'avoir pour l'instant reçu aucune demande officielle d'asile. "Pour l'instant, nous ne savons rien" d'une telle demande, a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, à l'agence de presse Interfax. Peu avant, le chef du service des Migrations Konstantin Romodanovski avait également affirmé ne disposer d'"aucune demande faite par M. Snowden". Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a de son côté assuré samedi que les autorités russes n'étaient "pas en contact avec Snowden" tout en soulignant que pour entamer la procédure, ce dernier devait s'adresser au service des Migrations.

AFP

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