Silvio Berlusconi : "Le spread, une invention pour faire tomber le gouvernement"

L'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi à Milan, le 8 décembre 2012
L'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi à Milan, le 8 décembre 2012 - © Giuseppe Cacace - AFP

L'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, qui vient d'annoncer son retour en politique, a qualifié le spread, différence des taux d'intérêt payés par l'Allemagne et l'Italie, d'"imbroglio" et d'"invention" destinée à faire chuter un gouvernement démocratiquement élu, dans une interview diffusée sur Canale 5.

"Le spread, je n'en avais jamais entendu parler auparavant, on n'en parle que depuis un an.... Qu'est-ce qu'on en a à faire?", a-t-il lancé, lors d'une interview au téléphone diffusée sur l'une des télévisions qui lui appartiennent. Pour le Cavaliere, le spread, qui sert de baromètre de la confiance portée par les marchés, est "un imbroglio et une invention avec laquelle on a cherché à faire tomber une majorité élue par les Italiens et qui gouvernait le pays".

Silvio Berlusconi, dont le parti soutenait jusqu'à ces derniers jours le gouvernement technocrate de Mario Monti, s'en est pris à la politique de son successeur.

"Je ne veux pas dire qu'il y a eu des erreurs, mais Monti a suivi une politique trop germano-centrée. Les indicateurs économiques ont tous empiré, ce n'est pas à moi de porter des jugements mais les données sont toutes négatives", a-t-il déclaré.

"Malheureusement, le gouvernement Monti a amené une situation de crise, bien pire que lorsque nous étions au gouvernement. Au cours de nos derniers mois nous avions un PIB positif, avec ce gouvernement il a diminué, tous les indicateurs sont pires que de notre temps. La situation a empiré", a-t-il accusé.

Le Cavaliere, 76 ans, avait annoncé samedi sa candidature aux prochaines élections législatives en Italie, se disant "assailli de demandes des siens pour revenir au premier plan", et ajoutant vouloir sauver une "Italie au bord du précipice", minée par le chômage et l'alourdissement de la fiscalité.

De son côté, Mario Monti, interrogé mardi matin sur la RAI, a déclaré que "l'Italie il y a 13 mois était dans une situation très, très difficile. Nous pouvons considérer avoir fait de très grands progrès, qui cependant ont eu un coût : à court terme, il n'y a pas eu de croissance", a-t-il reconnu.


AFP

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