Sicile: un entrepreneur parle de l'impôt mafieux et brise l'omerta

Les faits se passent à Corleone, en Sicile. C'est dans cette petite ville que sont nés les boss les plus célèbres et les plus dangereux de Cosa Nostra, Luciano Liggio, Toto Riina, ou encore Bernardo Provenzano. Ceux-là sont morts ou croupissent en prison, mais il est évident que, sur les terres mafieuses, un boss prend la place de l'autre, surtout lorsqu'il s'agit de récolter, et d'augmenter, le "pizzo", cette taxe mafieuse obtenue sous la menace auprès des commerçants et des industriels.

Mais la gourmandise des mafieux est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et qui a conduit un entrepreneur local à violer, pour la première fois dans l'histoire de Corleone, la loi de l'omerta.

L'homme avait téléphoné aux mafieux pour leur dire que 600 euros par mois, c'était beaucoup trop cher pour son activité. Mais les boss ont refusé de lui diminuer la mensualité. Ce que cet entrepreneur ne savait pas, c'est qu'il était placé sur écoute. 

La police l'a convoqué au commissariat, et là, l'homme a craqué, expliquant que la mafia exigeait 2000 euros pour l'ouverture d'une activité et ensuite 600 euros par mois pour être “protégé”, ce qui fait suffoquer les entreprises locales.

Grace à ces informations, les policiers ont arrêté quatre mafieux. Pour la première fois dans cette petite ville, l'omerta a été brisée.

En fait, la crise a provoqué la fermeture de nombreuses entreprises et magasins et les extorsions de fonds rapportaient moins. Mais surtout, le nombre de mafieux qui se trouvent en prison a pas mal augmenté depuis les années 90 et Cosa Nostra s'engage toujours à faire vivre la famille des membres du clan en prison, ce qui coûte très cher. 

C'est aussi la preuve que lorsqu'on augmente trop les taxes, la population se rebelle...

Avec Valérie Dupont, correspondante en Italie

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