Sibiu, un sommet européen plein de bonnes intentions mais sans engagement

Sibiu, un sommet européen pleins de bonnes intentions mais sans engagement
Sibiu, un sommet européen pleins de bonnes intentions mais sans engagement - © DANIEL MIHAILESCU - AFP

Les chefs d’Etat et de gouvernement européens étaient réunis en sommet ce jeudi dans la petite ville de Sibiu en Transylvanie, au cœur de la Roumanie. Ce sommet informel se tient un 9 mai, ce n’est pas un hasard puisque c’est la journée de l’Europe. Les dirigeants européens veulent commémorer la déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950, le texte fondateur du projet européen. Ce sommet de Sibiu s’inscrit dans cette histoire tout en regardant vers le futur.

Ce devait être le premier sommet européen post-brexit. Mais, c’est raté. Les Britanniques n’ont toujours pas quitté l’Union (ils vont même participer aux élections européennes fin du mois).

Qu’à cela ne tienne, aujourd’hui, les 27 ont parlé de leur propre avenir. C’était un « Brexit-free summit », un sommet sans Brexit, comme l’avait décrit, avec soulagement, un diplomate européen en début de semaine. L’occasion pour les chefs d’Etat et de gouvernement d’envoyer un message commun avant le scrutin prévu dans 15 jours.

Un message d’unité : les 10 commandements européens

Le sommet de Sibiu est une réunion informelle, sans prise de décisions. Mais les 27 y ont tout de même adopté une déclaration. Solennellement, ils ont pris 10 engagements.

D’abord, l’engagement de défendre une seule Europe, d’Est en Ouest, du Nord au Sud. Prendre un tel engagement en Roumanie, un des 10 Etats qui a rejoint l’Union il y a tout juste 15 ans, est censé symboliser cette réunification du continent.

Deuxième engagement : « nous resterons unis », solidaires, nous parlerons d’une seule voix. Et là déjà, le doute surgit. Alors, c’est vrai que, ces deux dernières années, les Européens sont restés étonnamment unis dans les discussions sur le Brexit. Par contre, la crise migratoire de 2015 a profondément, durablement, divisé les Européens. Le manque de solidarité dans l’accueil des réfugiés reste problématique.

L’unité des 27 sur la question migratoire reste à trouver. Plus qu’un engagement, l’unité est un défi à relever pour les dirigeants européens.

Et que dire de l’engagement à protéger l’Etat de droit, quand on sait qu’il est menacé dans plusieurs Etats membres, à commencer par la Pologne et la Hongrie.

Parmi les autres engagements, il y a aussi, la promesse de garantir l’avenir des futures générations et de faire de l’Europe un acteur mondial responsable, capable notamment de protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique.

Catalogue de bonnes intentions sans projets concrets

Difficile sans doute, de faire mieux, vu les divisions existantes et à l’approche d’élections qui opposent pro-européens et eurosceptiques, deux tendances que l’on retrouve au sein du Conseil.

La déclaration de Sibiu est un texte consensuel, très général. Elle a été adoptée très rapidement, en moins d’une minute, a affirmé un diplomate européen. Le plus dur reste à faire pour les chefs d’Etat et de gouvernement européens. Ils vont devoir rapidement s’accorder sur les nouvelles priorités stratégiques de l’Union, ils doivent élaborer une sorte de feuille de route pour les 5 prochaines années.

Et chacun est venu à Sibiu, avec ses propres priorités. Le président français Emmanuel Macron parle beaucoup de climat ; le Premier ministre belge Charles Michel, que j’ai interrogé tout à l’heure, pointait lui, la protection sociale, la sécurité et la gestion de la migration.

Les discussions entamées ici à Sibiu sur ce futur programme stratégique de l’Union sont censées se conclure lors du sommet. Un sommet européen extraordinaire sera organisé le 28 mai prochain à Bruxelles afin de lancer le processus des nominations aux principaux postes de l'UE, a annoncé jeudi le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue d'une réunion informelle des chefs d'Etat et de gouvernement à Sibiu, en Roumanie.

Ce sommet supplémentaire se tiendra deux jours après les élections européennes, du 23 au 26 mai.

Qui pour remplacer Juncker et Tusk ?

Après le scrutin, plusieurs postes seront ouverts : la présidence de la Commission, mais aussi celles du Conseil, du Parlement européen et de la Banque Centrale européenne. Sans oublier le ou la futur.e chef.fe de la diplomatie européenne.

Aucun nom n’est sorti officiellement de Sibiu… Normal. Il faudra attendre le résultat des élections pour connaître les futures forces en présence dans l’Union. Mais des noms circulent quand même déjà. On cite beaucoup, par exemple, la chancelière Angela Merkel pour remplacer Donald Tusk à la tête du Conseil. On entend parler de Charles Michel aussi. Mais le Premier ministre belge tempère en soulignant qu’il est seulement candidat aux élections fédérales belges.

La question de la nomination des prochains dirigeants des institutions européennes pourrait être au menu d’un sommet juste après les élections. On parle déjà du mardi 28 mai prochain.

Suivez toute l’actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d’information européenne.

Emmanuel Macron s'adresse à la jeunesse à Sibiu: "Ne vous laissez pas voler l'Europe"

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK