Shirin Ebadi: il y a au moins 15 autres Sakineh en Iran

RTBF
RTBF - © RTBF

Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix, estime que la communauté internationale doit faire pression sur l'Iran pour l'abrogation de la peine de mort par lapidation. La diplomatie belge s'active pour défendre Sakineh Mohammadi Ashtiani.

L'avocate et intellectuelle iranienne Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix 2003 a participé à Bruxelles à une conférence internationale. C'était l'occasion de revenir avec elle sur le sort de Sakineh Mohammadi Ashtiani. Cette Iranienne a été reconnue coupable d'adultère et condamnée à la mort par lapidation. Mercredi les autorités iraniennes ont confirmé que la sentence avait été suspendue. Mais son fils dit craindre l'exécution de sa mère par lapidation à la fin du ramadan.

Interrogée par Odile Leherte, Shirin Ebadi  partage cette crainte: "Il n'est pas improbable qu'une telle chose arrive. Mais j'insiste : bien sûr que c'est important de sauver la vie de cette femme ; mais, s'il vous plaît, gardez en mémoire qu'il y a au moins 15 autres femmes sur le point d'être exécutées par lapidation. Alors, je vous en prie, visez plutôt l'abolition de la peine de mort par lapidation en elle-même, plutôt que de vous concentrez sur un seul cas".

Shirin Ebadi poursuit : "Le gouvernement iranien a signé de nombreuses conventions internationales des Droits de l'homme, donc la communauté internationale doit mettre la pression sur le gouvernement iranien pour qu'il remplisse ses engagements vis à vis de ces conventions".

La Belgique veut "dialoguer" avec l'Iran

La diplomatie belge s'active, dans le cadre de la présidence belge du Conseil de l'UE, pour obtenir l'abrogation "sans équivoque" de la condamnation à mort de Sakineh Mohammadi Ashtiani, selon le ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere."La condamnation à mort par lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtiani est contraire aux engagements internationaux de l'Iran", rappelle le ministre dans un communiqué publié au lendemain d'un entretien que le ministre a eu avec Shirin Ebadi.

"Cette peine inhumaine ne peut se justifier d'aucune manière et suscite notre aversion. La diplomatie belge s'active dès lors pour obtenir l'abrogation sans équivoque de cette sentence", a souligné le ministre. Avec ses partenaires de l'UE, la Belgique continue à espérer l'ouverture d'un "véritable dialogue" avec l'Iran en la matière, ajoute-t-il. Les conditions favorables à l'établissement de ce dialogue doivent cependant être créées par le gouvernement iranien, ce qui aujourd'hui n'est malheureusement pas le cas, déplore-t-il. En Iran, les droits humains, et en particulier les droits des femmes, sont foulés aux pieds de manière systématique, commente le ministre.

 

A.L. avec O. Leherte

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK