Forte mobilisation au Sénégal pour l'élection présidentielle

Le président Wade, accompagné de son fils Karim et de sa fille Sindiély, ainsi que du ministre de l'Intérieur Ousmane Ngom, a voté dans un bureau du quartier du Point E, où il possède une résidence. Il en est très vite reparti après avoir accompli son devoir électoral, sans faire de déclaration aux nombreux journalistes présents.

Les applaudissements de quelques dizaines de partisans et des membres de sa délégation n'ont pas pu couvrir les huées de la foule dans et autour de l'école transformée en bureau de vote où il a voté.

"Nous n'accepterons pas un coup de force électoral"

"Ce qui compte, ce qui est important pour les Sénégalais, c'est le changement, le vrai changement", a déclaré le chanteur et opposant, Youssou Ndour, à sa sortie du bureau de vote.

"Abdoulaye Wade, en tant qu'organisateur de ces élections, doit absolument veiller à ce qu'elles soient crédibles, qu'elles ne fassent aucune contestation de la part de l'opposition parce que nous n'accepterons pas qu'un coup de force électoral puisse se passer ici au Sénégal", a-t-il ajouté.

Youssou Ndour, qui avait été blessé mardi lors de la dispersion de manifestants à Dakar, boîtait légèrement en se rendant au bureau de vote, dans le quartier Mermoz de Dakar.

Des élections très contestées

Une partie de la population n'accepte pas la troisième candidature du président Wade, ni l'éviction de toute une série de candidats dont le chanteur très populaire Youssou N'Dour.

L'actuel président, Abdoulaye Wade, âgé officiellement de 85 ans, brigue un troisième mandat alors que la nouvelle constitution n'en autorise que deux. Un argument que cette semaine encore, il balayait d'un revers de la main : "Le problème de la régularité constitutionnelle de ma candidature est derrière nous", a-t-il déclaré. Car si l'opposition juge sa candidature "illégale", ses partisans soulignent en revanche que des réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui donnent le droit de se représenter.

Autre problème : la fraude. Les électeurs doivent posséder leur carte. Or des centaines de milliers de cartes n'avaient toujours pas été distribuées cette semaine. C'est le cas notamment dans la région de Touba où 50% des votants n'ont toujours pas leur carte.

Jamais les élections présidentielles sénégalaises ne se sont déroulées dans un tel climat de violence. Et on craint d'ailleurs des incidents aujourd'hui. Mais le président Wade, sûr de lui, affirme qu'une révolte des sénégalais contre lui est impensable. Il est d'ailleurs persuadé d'être élu dès le premier tour à une écrasante majorité.

Les Sénégalais, en tout cas, se sont mobilisés en masse ce dimanche. Bien qu'aucun taux de participation officiel n'ait été publié, journalistes et observateurs ont pu constater que de longues files d'attente s'étaient formées dans le calme devant les bureaux de vote, tant à Dakar et ses banlieues qu'enprovince, comme à Saint-Louis (nord) et Ziguinchor, une des principales villes de Casamance (sud).

"Je trouve que c'est réjouissant de voir tant de citoyens sénégalais qui sont là pour aller voter, qui attendent leur tour calmement", a déclaré Thijs Berman, chef des observateurs de l'Union européenne, devant un centre de vote à Khar Yalla, quartier populaire de Dakar.

RTBF et AFP
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