Séisme en Indonésie: "Nous étions des milliers sur la plage à vouloir être évacués, les gens étaient agressifs"

Le 5 août dernier, l'île indonésienne de Lombok (sud) a été touchée par un violent séisme de magnitude 7 qui a causé la mort de plus d'une centaine de personnes et en a blessé des centaines d'autres. Au nord-ouest de cette île se situent celles de Gili où se trouvait Chloé Bosquin, une touriste, et sa famille. Manque de communication, mauvaises informations, absence de collaboration avec l'ambassade belge, la jeune femme raconte comment ses vacances ont viré au cauchemar. 

Cela ne faisait que quelques heures que Chloé Bosquin était sur l'une des trois îles de Gili lorsque le séisme a frappé l'Indonésie pour la première fois. Accompagnée de sa famille, ils se réfugient rapidement en hauteur sur une colline où ils passent la nuit à même le sol. Un premier jour de vacances que la famille aurait imaginé différent. Le lendemain matin, profitant d'une certaine accalmie, ils redescendent pour constater les dégâts : "Il n'y avait plus d'électricité, plus d'eau courante, plus de nourriture. L'île ressemblait à une ville fantôme"

Les gens ont commencé à devenir super agressifs par peur de rester sur l'île

Rapidement, Chloé Bosquin tente de contacter l'ambassade de Belgique pour demander de l'aide et tenter de trouver une solution. "Elle nous a répondu qu'elle n'en savait pas plus et qu'elle n'avait pas de nouvelles de ses personnes de contact présentes sur place. Ils ne savaient pas nous aider." Pendant ce temps, l'île est progressivement évacuée sans que la famille ne sache si quitter Gili est une obligation ni si rester leur assure une quelconque sécurité. 

En fin de journée, des bateaux commencent à arriver pour évacuer le plus de personnes possible. Aux alentours de 19 heures, le soleil se couche et les esprits s'échauffent. "Nous étions des milliers sur la plage. Les gens ont commencé à devenir super agressifs. Ils avaient peur de rester sur l'île qui n'était pas sécurisée et où il n'y avait ni nourriture ni électricité." 

Finalement, vu le manque d'informations et de bateaux, la famille décide de rester sur place et de passer une deuxième nuit à cinq dans une petite chambre en bois, habitation la plus sûre et solide en cas de séisme. À deux heures du matin, ils sont réveillés par un autre tremblement de terre, heureusement plus faible que celui de la veille, mais qui les décident définitivement à quitter Gili le plus rapidement possible. "Un membre de notre famille nous avait conseillé de dormir dans une construction en bois parce que c'est plus safe. Le lendemain matin, davantage de murs s'étaient écroulés."

Aucune aide, aucun rapatriement

Chloé Bosquin a finalement réussi à rejoindre Lombok ce mardi et à se mettre en sécurité dans un grand hôtel. Même si elle est saine et sauve, elle regrette tout de même le manque de communication et de soutien de l'ambassade belge. "On faisait office de point de contact, mais nous n'avons reçu aucune aide sur place, aucune proposition de rapatriement ou de numéro d'urgence joignable H24. Je ne veux pas pointer du doigt qui que ce soit, je veux juste que les prochains soient mieux encadrés." 

Ce à quoi les Affaires étrangères répondent que, comme pour chaque situation de crise, elles se doivent d'abord de localiser tous les Belges présents sur place et de s'assurer qu'aucun d'entre eux n'a besoin d'une aide médicale urgente. Elles certifient également avoir travaillé de longues heures pour contacter tout le monde. 

De nombreux touristes sont toujours bloqués dans les différents aéroports indonésiens en attendant un vol pour rentrer chez eux. Plus de 4600 personnes (des touristes et des locaux), ont été évacués des trois îles de Gili, toutes proches de la côte occidentale de Lombok, où les craintes d'un tsunami s'étaient propagées juste après le séisme. Pour ce qui est de Chloé et de sa famille, les "vacances" continuent tant que possible parce que "personne ne nous a dit de partir".

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