Océan Indien: puissant séisme au large de Sumatra, l'alerte tsunami levée

Grosse frayeur pour les habitants de la région.
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Grosse frayeur pour les habitants de la région. - © AFP

Un tremblement de terre de magnitude 8,7 a été ressenti au large de Sumatra. Une alerte au tsunami a été déclenchée mais le tsunami ne serait pas très important. Les pays de l'océan indien prennent toutefois leurs précautions.

Le Centre américain de surveillance des tsunamis du Pacifique a levé une alerte sur l'ensemble de l'océan Indien.

Quelques minutes après le séisme, le Centre notait pourtant que "les séismes de cet ampleur ont le potentiel de provoquer des tsunamis ravageurs qui peuvent toucher les côtes de l'ensemble du bassin de l'océan indien".

Le séisme a eu lieu à 8h38 GMT (10h38 heure belge), à 33 km de profondeur et à environ 430 km au sud-ouest de Banda Aceh, la capitale de la province de Banda Aceh, a précisé l'Institut américain de géophysique (USGS). La secousse a notamment été ressentie à Singapour, en Thaïlande et en Inde. Une violente réplique de magnitude 8,2 est survenue mercredi au large de l'île indonésienne de Sumatra, quelques heures après un premier séisme de 8,6, a indiqué l'Institut américain de géophysique (USGS). La réplique est survenue à 10h43 GMT à seulement 16 km de profondeur et à 615 km de Banda Aceh, la capitale de la province d'Aceh, a précisé l'USGS.

Une vague de quelques centimètres

Le centre de veille aux tsunamis a indiqué par la suite que la hauteur totale de la vague était de 35 cm, soit une hausse du niveau de la mer de 17 cm. "Il ne semble pas qu'il s'agisse d'un tsunami important", avait précisé Victor Sardina, géophysicien dans ce centre basé à Hawaï. "Mais nous restons vigilants car les tsunamis arrivent par vagues."

Les autorités thaïlandaises ont indiqué qu'une vague de 10 centimètres seulement avait touché une île de la côte ouest du pays. "Nous ne pouvons pas être complaisants", estimait à la télévision le directeur du Centre national de gestion des catastrophes, Somsak Khaosuwan, en évoquant en particulier d'importantes répliques après la secousse initiale. La vague a touché l'île de Koh Miang, au large de Phan Nga, a-t-il précisé.

Des vagues atteignant les 80 centimètres auraient toutefois frappé certaines régions d'Indonésie.

Les côtes évacuées

Le président indonésien s'est rapidement voulu rassurant. Il a indiqué qu'aucune menace de tsunami n'était en vigueur, même si une alerte avait été lancée dans six provinces indonésiennes. L'aéroport de Pukhet a notamment été fermé.

Les autorités thaïlandaises avaient lancé une alerte au tsunami et demandé aux populations vivant sur la côte de la mer Andaman d'évacuer. "Les gens qui vivent sur la côte Andaman doivent se déplacer dans des hauteurs et rester aussi loin de la mer que possible", lançait ainsi le Centre national de gestion des catastrophes.

Le gouvernement sri-lankais craignait également un déferlement de vagues sur la côte orientale de l'île. "Il y a une forte probabilité qu'un tsunami touche l'île après le séisme en Indonésie", déclarait le directeur adjoint du département météorologique, M.D. Dayananda. Le séisme a été ressenti au Sri Lanka, situé à environ 1340 km au nord-ouest de l'épicentre, a-t-il ajouté.

L'Inde a également lancé une alerte au tsunami pour les îles Andaman et Nicobar. L'Inde a ensuite étendu son alerte au tsunami à plusieurs Etats côtiers après avoir émis une précédente alerte rouge pour les îles Andaman et Nicobar, situées dans l'océan Indien. Les Etats de l'Orissa et du Bengale occidental (est), du Kerala et de Goa (sud) ont été placés sous haute surveillance, à la suite des Etats du Tamil Nadu (sud) et l'Andhra Pradesh (sud-est).

Le Kenya a émis mercredi une alerte au tsunami sur l'ensemble de sa côte, après le séisme qui a frappé l'Indonésie plus tôt, décidant la fermeture des écoles et demandant à la population de s'éloigner des plages. Le tsunami pourrait frapper la  côte kényane aux environs de 20h00 (19h heure belge), a indiqué la ministre des Programmes spéciaux Esther Murugi lors d'une conférence de presse.

Une alerte au tsunami de niveau orange, c'est-à-dire moyen, avait été déclenchée dans l'île française de la Réunion. Le représentant de l'État français, le préfet Michel Lalande, a décrété l'alerte dans cette île de l'océan Indien.

Scènes de panique et mauvais souvenirs

Ce séisme a déclenché des scènes de panique dans les pays touchés. L'institut américain de géophysique (USGS) et son homologue indonésien avaient d'abord estimé la magnitude à 8,9.

La province d'Aceh, située à la pointe occidentale de l'archipel indonésien, a été dévastée en décembre 2004 par un séisme suivi d'un tsunami. Cette double catastrophe a fait environ 230 000 morts dans 13 pays du pourtour de l'océan Indien, dont près de 170 000 dans la seule province d'Aceh.

Une région fréquemment touchée

Invité du journal télévisé de la RTBF ce mercredi midi, Thierry Camelbeek, sismologue auprès de l'Observatoire Royal de Belgique, a indiqué que la principale différence par rapport au séisme de 2004, c'est que les mouvements des plaques terrestres a été plus horizontaux que verticaux. "Mais si la vague fait 17 centimètres en mer, cela veut dire qu'elle va augmenter d'amplitude" en approchant des côtes, a-t-il expliqué. En précisant immédiatement qu'elle ne devrait néanmoins pas dépasser les 2 mètres de haut à certains endroits.

Le sismologue a également indiqué que cette région du globe était particulièrement propice aux séismes et tsunamis. "On se trouve dans une région en bordure d'océans et où la croûte océanique plonge sous les zones continentales à des vitesses de rapprochement s'élevant parfois à plusieurs centimètres par an."

RTBF, avec agences

 

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