Elections municipales en France : forte poussée des écologistes (Lyon, Bordeaux, Strasbourg...), revers pour LREM

C’est bien un scrutin hors normes qui s'est joué aujourd’hui en France. Le second tour des élections municipales a lieu trois mois après le premier tour, retardé par la crise sanitaire en raison du Covid-19.

16,5 millions d’électeurs et plus de 157 000 candidats étaient concernés par ce vote. Ce n’est pas la France entière… Le scrutin s’est déroulé dans 4 820 communes (15% des communes du pays), ainsi que dans les arrondissements et secteurs de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse où les conseils n’ont pas été élus au complet le 15 mars. Les communes rurales ayant massivement conclu l’élection dès le premier tour.

Selon les premières estimations, ces élections ont été marquées par une forte poussée des écologistes, notamment à Lyon à Lille, et un revers pour le parti présidentiel, battu dans la plupart des principales villes du pays, sauf au Havre où le Premier ministre Edouard Philippe l'a emporté. 

Le Rassemblement national a lui, réussi à s’implanter à Perpignan.

L'abstention a atteint un niveau historique: près de 60% des électeurs ont boudé ce deuxième tour.

Anne Hidalgo reconduite à Paris

La maire socialiste sortante de Paris, Anne Hidalgo, a remporté les élections municipales, en obtenant entre 49,3 et 50,2% des voix au second tour, selon deux instituts de sondage.

Elle a ainsi devancé la candidate Les Républicains (LR) Rachida Dati (entre 32 et 32,7%) et celle de La République en marche (LREM) Agnès Buzyn (entre 13,7 et 16% des voix), selon Harris Interactive et Ipsos-Sopra Steria.

Le score au soir du premier tour était presque inespéré pour elle.

En devançant la maire du 7e arrondissement Rachida Dati, et l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn, elle était quasi assurée de renouveler son mandat.

L’accord de fusion des listes avec Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV), arrivé 4e dans la capitale, consolidait son avance. Anne Hidalgo pourrait aussi conquérir de nouveaux arrondissements.

Face à cette union des gauches, aucun accord n’a été établi entre Les Républicains et La République en marche, dans la capitale.

Edouard Philippe l'emporte au Havre

Le premier ministre, Edouard Philippe (LRM), sort vainqueur au Havre au second tour des municipales, dont la liste a récolté 58,83% des voix face au député PCF Jean-Paul Lecoq. Il a salué dimanche soir des "résultats nets" et un "acte de confiance", depuis la mairie de cette commune.

Arrivé en tête au premier tour avec 43,6 % des voix, Edouard Philippe disposait d'une longueur d'avance contre son adversaire.

Dans le même temps, il avait peu de réserve de voix pour le second tour. Jean-Paul Lecoq, devrait pouvoir compter sur un report des voix obtenues par la liste EELV d’Alexis Deck (8,3%).

Le remaniement, qui doit intervenir dans les prochains jours, n'a visiblement pas dissuadé ses électeurs…

A Lille, victoire aussi pour Martine Aubry d'une courte tête

La maire socialiste de Lille Martine Aubry l'a emporté au second tour d'une courte tête, en devançant "de 227 voix" son concurrent écologiste Stéphane Baly.

Elle a assuré dimanche avoir entendu le message sur la nécessité d'une transition écologique rapide.

Le suspense a duré une bonne partie du début de la soirée, les sondages donnant les deux candidats au coude à coude, largement devant la candidate macroniste Violette Spillebout.

Dans la ville du Nord, on assistait à une triangulaire inattendue, puisque la liste de Martine Aubry – 29,8 % au premier tour – et celle de ses alliés écologistes dans la majorité actuelle se sont opposées au second tour.

La maire sortante a dû affronter la tête de liste EELV ainsi que celle de LRM, menée par son ancienne directrice du cabinet, Violette Spillebout.

Un sacré tournant historique, puisque les écologistes et les socialistes dirigeaient la ville ensemble depuis 1977, à l’époque de Pierre Mauroy.

L'extrême droite perce à Perpignan

Dans cette ville du sud, le Rassemblement National (RN) est le grand gagnant de ce second tour.

Le candidat Louis Aliot l'emporterait avec 53,1 à 54% des voix, face au maire sortant Jean-Marc Pujol (LR), selon les estimations de trois instituts de sondages.

Face au risque d’une quadrangulaire qui aurait à coup sûr servi l’extrême droite, un "front républicain" s'était constitué… Les têtes de liste La République en marche (LRM) et Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV) se sont retirées au second tour, laissant leurs voix au maire Les Républicains sortant.

C'est la première ville de plus de 100.000 habitants, qui est contrôlée par le RN depuis 1995.

A Lyon, les écologistes en tête

A 46 ans, l'écologiste Grégory Doucet, un inconnu du grand public, est en passe de ravir haut la main la mairie de Lyon, une prise historique pour les Verts qui vont diriger la 3e ville de France.

Selon trois instituts de sondage, il arrive largement en tête à Lyon avec plus de 50% des voix et plus de 20 points d'avance sur ses adversaires.

Trois têtes de liste se disputaient la place du maire sortant, Gérard Collomb (La République en marche, ex-PS, ancien ministre de l’intérieur).

Au soir du premier tour, la liste EELV est arrivée largement en tête des votes (28,4 %).

Initialement candidat pour la présidence de la métropole de Lyon (dont l’élection s’effectue le même jour que les municipales), Gérard Collomb s’est finalement vu retirer son investiture par le parti présidentiel après qu’il a annoncé une alliance avec la tête de liste LR pour les élections (17 %).

LRM a depuis annoncé soutenir Georges Képénékian (ex-LRM, 12 %), l’ancien premier adjoint au maire lyonnais…

Face à cette cacophonie, EELV a annoncé la fusion des listes rose-verte-rouge, avec le candidat EELV arrivé en tête.

A Toulouse, la droite se maintient

Dans la ville rose, la droite reste à la mairie.

Le maire sortant Jean-Luc Moudenc (LR-LREM) arrive en tête à Toulouse au second tour, avec 51,6% des voix, devant la liste de gauche d'Antoine Maurice qui emmenait une large coalition vert-gauche (48,4%), selon l'institut de sondage Ipsos Sopra Steria.

"Elle est confirmée", à "un peu plus de 52%", a affirmé Jean-Luc Moudenc interrogé par la presse sur une victoire. Il a fait part de sa "reconnaissance" aux électeurs. 

Le maire LR et macron-compatible sortant devrait ainsi être reconduit à la tête de la quatrième ville de France, après un duel très serré avec son rival écologiste, qui emmenait une union des gauches associant Insoumis, communistes, socialistes et radicaux de gauche à un noyau citoyen.

Arrivé largement en tête (36,2 %) le 15 mars, Jean-Luc Moudenc, espérait une triangulaire qui lui laisserait le champ libre.

Mais la tête de liste PS, arrivée troisième, s’est retirée ouvrant la voie à un duel entre la liste Archipel citoyen (Europe Ecologie-Les Verts-La France insoumise) et celle du maire sortant (Les Républicains).

Le candidat écologiste Antoine Maurice, arrivé second (27,6 %), était en bonne position pour prendre la mairie.

Sujet du JT du 28/06/2020 - Second tour des municipales en France marqué par un taux dabstention record

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