Scrutin en RDC: l'opposition dénonce "un hold-up électoral"

Les résultats officiel des élections qui se sont déroulées dimanche en RDC ne seront pas publiés avant le 6 janvier. Interrogé sur La Première, Olivier Kamitatu, ancien ministre, actuel directeur de la communication du candidat d'opposition Martin Fayulu, rappelle que les élections "ont été voulues par le peuple congolais. Elles ont été organisées dans un immense chaos délibérément préparé et planifié par le régime. Parce que le régime a senti qu'on lui indiquait la porte de sortie, que le peuple n'en voulait pas. Il faut féliciter ce peuple parce qu'il est resté mobilisé et il a voté massivement, parce que c'était une véritable aspiration au changement et à la rupture".

Floribert Anzuluni, cofondateur du mouvement citoyen pro-démocratie Filimbi, regrette de constater que "nous avons malheureusement assisté à un chaos électoral. Tout a été mis en place avant, pendant et après pour que ces élections ne soient pas démocratiques. Malgré cela nous avons assisté à une importante mobilisation, une détermination extraordinaire. La population a voté pour le changement, il n'y a aucun doute là-dessus. Maintenant il y a un hold-up électoral en cours".

Le pouvoir n'a donné aucune estimation du taux de participation au scrutin de dimanche, souligne Olivier Kamitatu: "Aujourd'hui nous sommes dans une immense organisation maffieuse, une boîte noire qui essaie par tous les moyens de faire gagner quelqu'un qui a totalement perdu. Le pouvoir est totalement défait et il veut sortir des résultats qui n'iront pas dans la vérité des urnes. Et il cache ce secret absolu pour lui : le taux de participation. Des machines à voter n'ont pas fonctionné, une population qui n'a pas obtenu la liste des électeurs, des observateurs qui n'ont pas pu entrer, internet qui a été coupé, des journalistes et des ambassadeurs qui ont été expulsés: tout cela parce qu'on veut organiser un hold-up à huis clos. Et on connaît celui qui veut faire le fric-frac. Manifestement ils ont perdu. Et aujourd'hui nous nous battons pour la vérité des urnes". Selon lui, "quand on voit les premières remontées du terrain, c'est Martin Fayulu qui a été massivement élu. Félix Tshisekedi a eu des voix importantes dans ses fiefs électoraux (le Kasai), et peut-être avec son allié Vital Kamehere, mais partout dans le pays c'est le nom de Martin Fayulu qui est en tête".

Rapport de force

Pour Floribert Anzuluni, "le véritable problème c'est que monsieur Kabila n'a jamais accepté de quitter le pouvoir. Il y a été contraint par une mobilisation populaire exemplaire et par une pression extérieure très forte. C'est pour cela qu'il a désigné son dauphin mais il a complètement torpillé le processus électoral. Très clairement nous allons aller vers un affrontement entre la population et le régime".

"La fraude étant connue, il est important pour monsieur Fayulu d'anticiper la mobilisation parce que nous savons très bien qu'il n'y a que ce rapport de force qui, à un moment donné, sera inversé et poussé par la population congolaise, et qui permettra de faire respecter la vérité des urnes. Nous allons nous battre pour que le vote de la population congolaise soit respecté" poursuit Floribert Anzuluni.

Pour Olivier Kamitatu, "le bilan de Joseph Kabila est un échec monumental : il y a eu une forte croissance qui reposé sur le seul secteur des mines. Et cette croissance a été confisquée par un tout petit clan de prédateurs: le clan familial et la clique autour de Joseph Kabila. Ce que nous voulons c'est que les fruits de la croissance soient mieux partagés. Cela créera des millions d'emplois. Nous voulons restaurer les valeurs économiques, la lutte contre la corruption".

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