Saskia Bricmont (eurodéputée Ecolo): "L'Europe a les leviers pour enclencher la transition"

Députée européenne récemment élue sur la liste Ecolo, Saskia Bricmont est l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 1er juin sur La Première et ce dimanche 2 juin sur La Trois. Deuxième sur la liste des verts, elle siégera au parlement européen avec son collègue Philippe Lamberts.

La jeune Athoise pointe d’abord les lacunes du pouvoir européen, ces dernières années, en commençant par les questions sociales. "L’Europe n’a pas réussi à amener ces questions au centre des priorités. Si certaines ont été traitées, ça a été à la marge, de manière non contraignante."

La commissaire européenne Marianne Thyssen, en charge de l’emploi et des affaires sociales, a-t-elle tout de même engrangé des progrès sous cette législature ? Saskia Bricmont nuance : "Il y a eu quelques progrès, notamment au niveau de la directive détachement des travailleurs, sur la question des salaires. Mais le volet ‘transport’ de cette directive constitue un bémol. Les travailleurs de cette branche sont traités à part."

Ses priorités

Comment financer de nouvelles politiques sociales ou climatiques, où trouver l’argent ? Saskia Bricmont propose plusieurs pistes : une fiscalité européenne harmonisée des impôts des sociétés ; une taxe sur les transactions financières à l’échelle de l’UE ; une taxe sur les multinationales et notamment sur le secteur numérique "aujourd’hui sous-taxées". Elle propose encore l’arrêt des subventions aux politiques qui favorisent le réchauffement climatique, comme les énergies fossiles. "Un exemple simple : cet argent pourrait servir à financer un système ferroviaire européen avantageux qui puisse représenter une vraie alternative au secteur aérien."

Elle a dit

Sur la percée du Vlaams Belang en Belgique : "Nous restons en faveur du cordon sanitaire. Les partis politiques doivent prendre leurs responsabilités."

Sa mesure phare, au niveau social, si elle était à la place de la commissaire Marianne Thyssen ? : "Il faut avancer sur le revenu minimum européen, calculé sur 60% du revenu médian, afin de l’harmoniser vers le haut."

Concernant la directive détachement des travailleurs : "Il faut que les cotisations sociales soient payées où le travail est presté."

Sur la solidarité entre états membres : "Il faut savoir ce que l’on veut. A quoi doit servir l’Union européenne ? A un moment on a décidé de s’élargir à des pays dont on connaissait la santé sociale fébrile. Ça peut passer par des mécanismes de sanctions."

Quel risque représente la montée de l’extrême droite dans les rangs de l’UE ? "Elle est divisée. Il n’y a pas un seul groupe uni, et donc pas de poids au niveau européen. De ce fait, elle n’est pas capable de paralyser toute une série de politiques."

Consciente que son groupe n’est pas incontournable pour contribuer à une majorité parlementaire, elle déclare : " Nous sommes unis et cohérents. Notre participation serait plus sûre que d’autres formations où les points de vue sont parfois très divergents "

Sur la virulence de la campagne entre MR et Ecolo : " Il est difficile de vivre cette situation et de passer outre une fois la campagne terminée "

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