Sarkozy mis "K.O. debout" par Poutine en 2007? Un témoin de la scène contredit cette version

Nicolas Sarkozy accueille Vladimir Poutine à l'Elysée le 29 mai 2008.
Nicolas Sarkozy accueille Vladimir Poutine à l'Elysée le 29 mai 2008. - © LUCAS DOLEGA - BELGAIMAGE

Le témoignage a fait beaucoup de bruit ces derniers jours : dans un documentaire diffusé jeudi 15 décembre sur France 2, le journaliste Nicolas Hénin expliquait dans quel contexte s'était déroulé une rencontre entre Vladimir Poutine et Nicolas Sarkozy en juin 2007. Selon lui, le président français aurait été mis "K.O. debout" par son interlocuteur.

Interrogé par le magazine "Le Point", Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012, a contesté cette version des faits.

"Ce G8 s'est déroulé un mois après l'élection de Nicolas Sarkozy. C'était sa première rencontre avec Vladimir Poutine ainsi qu'avec la plupart des chefs d'État présents. Le tête-à-tête s'est déroulé en tout petit comité", explique celui qui a assisté à la rencontre.

En tout, 7 personnes sont présentes, dont deux interprètes. "Dans les premières minutes, Nicolas Sarkozy a effectivement énuméré un certain nombre de sujets qui fâchent, souvent relatifs aux droits de l'homme, poursuit Jean-David Levitte. Vladimir Poutine l'a écouté puis répliqué qu'à ses yeux il existait également en France des sujets de discorde qui mettaient en jeu les droits de l'homme. Un point partout en somme, et nous en sommes restés là : le ton n'a pas monté et il n'y a eu aucun échange d'insultes."

Une histoire de chocolats

A aucun moment les deux hommes ne consomment de l'alcool - contrairement à ce que certains ont insinués, souvent avec humour. Au contraire, Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine ont reçu du café et des chocolats. "Tiens, toi aussi tu es addict au chocolat !", aurait alors déclaré l'homme fort de la Russie. "J'invite ceux qui brodent des romans sur la teneur de ce tête-à-tête à lire le Verbatim de cette rencontre qui est conservé aux archives de l'Élysée", tacle Jean-David Levitte.

L'ancien conseiller conclut : "Je m'étonne que l'on puisse colporter avec tant d'assurance des propos qui se seraient tenus lors du G8 d'Heiligendamm. L'interprète comme les trois témoins français de la rencontre n'ont jamais rapporté la teneur de cet entretien bilatéral. Et je doute fort que la partie russe s'y soit risquée..."

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