Saint-Martin: un mois après l'ouragan Irma, "il y a un gros traumatisme"

Photo prise à Saint-Martin le 27 septembre 2017
Photo prise à Saint-Martin le 27 septembre 2017 - © HELENE VALENZUELA - AFP

Près d’un mois après le passage de l’ouragan Irma, qui a dévasté Saint-Martin, l’île franco-néerlandaise tente de se redresser peu à peu. Il y a une forte mobilisation des États concernés, mais aussi des ONG.

La Brainoise Florence Mairy est secouriste depuis 18 ans à la Croix-Rouge de Belgique. Elle est actuellement à Saint-Martin et elle décrit la situation sur le terrain : "Tout de suite, en débarquant de l’avion, j’ai pu découvrir l’ampleur des dégâts. Ce sont des toitures posées au sol, des maisons détruites, tous les arbres au sol. Sur l’aéroport on voit des avions sur le dos, cassés en deux. Il y a des bateaux qui sont plantés dans les maisons. C’est ce genre de décor que j’ai en face de moi tous les jours. Les habitants sont très courageux. Ils sont très en difficulté aussi, on essaye de faire le maximum pour eux, mais vraiment ça va être un très long travail, on est parti sur plusieurs mois".

Qu’est-ce que ça vous fait de venir en aide aux gens ?

"Je travaillais en Grèce et je suis revenue en urgence. Et je suis vraiment surprise des dégâts. Je ne m’attendais pas du tout à voir ça. On est presque un mois après la catastrophe. La première semaine, il paraît qu’on ne savait pas du tout passer dans les rues. Il y a aussi beaucoup de bénévoles qui me racontent ce que c’était, qui l’ont vécu, c’est assez dur en fait de les écouter parler".

Vous sentez chez les habitants, chez les bénévoles, un traumatisme ?

"Il y a un gros traumatisme. Il y a beaucoup de psychologues qui font des consultations. Ça a été très effrayant pour les gens. Ils ont l’habitude des cyclones, mais ils n’avaient jamais vu un cyclone pareil".

Un mois après, est-ce qu’il y a le sentiment d’être un peu oublié des médias ?

"Non, parce qu’ils sont vraiment très contents de voir la Croix-Rouge sur le terrain et ils voient bien que tout le monde fait au mieux. Il y a beaucoup d’activité, les gens nous remercient pratiquement tous les jours, parce qu’il y a tous les travailleurs d’EDF qui sont là aussi, il y a énormément de gens qui travaillent. Ça prendra beaucoup de temps, mais beaucoup de gens travaillent, donc les habitants sont plutôt reconnaissants".

Que faites-vous concrètement ?

"Tous les jours, je pars avec des équipes de bénévoles de la Croix-Rouge française. Ce sont des secouristes, des travailleurs sociaux qui nous permettent de partir. L’île a été découpée en 6 secteurs, en gros, c’est un travail de porte-à-porte, qui consiste à recenser les besoins de tout le monde. Ce sont souvent les mêmes besoins: réparer les maisons, notamment les toitures qui sont en tôle. Il y a aussi les problèmes d’eau. On distribue des bouteilles d’eau en attendant que l’eau soit rétablie. Il y a des problèmes d’électricité, et là on distribue des lampes de poche. Ce sont vraiment des kits, des matériels d’urgence qu’on distribue".

La vie reprend-elle finalement son cours ?

"Oui, les magasins comment à rouvrir, les stocks arrivent souvent de la Guadeloupe. Donc c’est vrai que la logistique n’est pas facile, mais via la Guadeloupe les bateaux arrivent et les magasins commencent à être réapprovisionnés. La vie reprend son cours ici".

Et les enfants ?

"Les enfants, c’est compliqué parce que le 1er octobre c’était la rentrée scolaire ici à Saint-Martin et les écoles qui n’ont pas été détruites sont réquisitionnées par les différents acteurs. Nous, la Croix-Rouge, nous sommes installés dans un grand collège à Marigot et il y a aussi la police, la gendarmerie, la protection civile qui sont installées dans les écoles, donc ce n’est pas évident pour les enfants. Les écoles qui ne sont pas réquisitionnées sont souvent détruites, donc les enfants commencent à retourner à l’école, mais tout doucement, plutôt une heure le matin et deux heures l’après-midi pour l’instant".

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