S. Berlusconi à Lampedusa pour l'évacuation de milliers d'immigrés

Un policier escorte des immigrés tunisiens qui vont être évacués de Lampedusa, le 29 mars 2011 en Italie
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Un policier escorte des immigrés tunisiens qui vont être évacués de Lampedusa, le 29 mars 2011 en Italie - © Alberto Pizzoli (AFP)

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi est attendu mercredi à Lampedusa, où doivent être évacués dans la journée quelque 6000 immigrés, en grande majorité tunisiens, entassés sur la petite île dans des conditions d'hygiène épouvantables.

"La situation sur l'île sera résolue" mercredi, a assuré le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni. Silvio Berlusconi, qui a présidé mardi soir à Rome une réunion d'urgence sur l'immigration, devrait annoncer des "mesures de dédommagement" pour Lampedusa, qui vit essentiellement du tourisme.

Cinq navires d'une capacité totale de plusieurs milliers de passagers, doivent arriver sur ce confetti de 20 km2 à mi-chemin entre Tunisie et Sicile pour transférer les clandestins vers des centres d'accueil du sud du pays. Tôt mercredi, le navire militaire San Marco mouillait déjà devant le port.

La cohabitation entre les 6000 immigrés et les 5.00 habitants est jugée "absolument insoutenable" par la porte-parole pour l'Italie du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) de l'ONU, Laura Boldrini.

"On ne peut pas laisser sur le long terme 5.000 habitants cohabiter avec près de 6.000 immigrés dans de telles conditions. La situation est très tendue. Il ne faut plus perdre de temps", a-t-elle affirmé à l'AFP.

Certains, comme Laura Boldrini, accusent même le gouvernement d'avoir "créé un cul de sac sur l'île". "Auparavant les nouveaux arrivants étaient identifiés dans les 48 heures puis évacués, aujourd'hui cela n'est plus le cas", rappelle-t-elle.

Les conditions d'hygiène sont déplorables

Sur le quai de la gare maritime, où sont massés 24H/24 des milliers d'immigrés, l'odeur est pestilentielle: seuls trois WC chimiques pourvoient aux besoins des milliers d'immigrés, qui en sont réduits à uriner et déféquer en plein air. Et bien sûr pas de douche.

Le ministre de la Santé Ferruccio Fazio a reconnu que "la situation était réellement préoccupante du point de vue de l'hygiène".

Un des inspecteurs sanitaires qu'il a dépêchés sur place, Tullio Prestileo, est allé plus loin: "Il faut +vider+ Lampedusa immédiatement ou la situation pourrait ne plus être sous contrôle".

Fait assez exceptionnel, le président de la République Giorgio Napolitano, très respecté en Italie et généralement peu disert, est intervenu pour dénoncer une situation "inacceptable".

"Il faut intensifier l'acheminement de moyens pour évacuer la plupart des personnes débarquées", a-t-il exigé, demandant aux régions italiennes de faire preuve de "cohésion et solidarité".

Des propos qui sonnent comme un rappel à l'ordre pour les régions du Nord de l'Italie contrôlées par le parti anti-immigrés de la Ligue du Nord, allié indispensable de la coalition de Silvio Berlusconi. Le ministre de l'Intérieur, dont l'inaction a été critiquée par les ONG, est membre de ce parti.

Face à cette crise, les autorités italiennes en ont appelé à la solidarité européenne: le président du Sénat Renato Schifani, qui appartient au parti du Cavaliere, a rejeté mardi "la logique qui voudrait déléguer uniquement à celui qui est en première ligne la gestion de l'immigration africaine".

Depuis la chute du président Zine El Abidine Ben Ali à la mi-janvier, plus de 18.000 migrants sont arrivés à Lampedusa contre environ 4.000 sur toute l'année 2010.

Mais depuis Bruxelles la commissaire aux Affaires intérieures Cecilia Malmstrom a exclu "tout nouveau conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE".


AFP
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