Rwanda: arrestation de l'opposante Victoire Ingabire

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Victoire Ingabire, une opposante rwandaise qui avait annoncé sa décision de se présenter à l'élection présidentielle, a été arrêtée mercredi à Kigali. Des officiers ont été arrêtés ces derniers jours au Rwanda: certains parlent d'une "purge" opérée par le président Paul Kagame.

Victoire Ingabire "a été arrêtée aujourd'hui (mercredi) à Kigali. Elle est accusée de collaboration avec une organisation terroriste, 'divisionnisme', négation et minimisation du génocide" des Tutsi au Rwanda en 1994, a indiqué à l'AFP un haut responsable du parquet général qui a requis l'anonymat.

Victoire Ingabire est présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), un parti qui à ce jour n'a pas été agréé par les autorités rwandaises.

Elle est notamment accusée d'association avec les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) basées dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a précisé cette source.

Arrestation et suspension de deux hauts gradés de l'armée  

L'armée rwandaise avait annoncé mardi l'arrestation et la suspension de deux de ses principaux généraux. Le général Emmanuel Karenzi Karake a été suspendu de ses fonctions "pour mauvaise conduite non conforme aux principes qui régissent la discipline des Forces rwandaises de défense" (RDF), selon le porte-parole de l'armée.

Le général Charles Muhire a lui aussi été "suspendu pour crime grave de corruption et abus de pouvoir", a-t-il aussi indiqué.

Le général Karenzi Karake, dit "KK", est l'ancien numéro deux de la mission de paix ONU-Union africaine (Minuad), déployée au Darfour dans l'ouest du Soudan, qui compte un important contingent rwandais. Ancien chef d'état-major des forces aériennes, le général Muhire avait quant à lui été nommé le 10 avril comme chef d'état-major de la Force de réserve de l'armée.

Tous deux Tutsi anglophones issus de la diaspora ougandaise (comme le président Kagame), ils faisaient partie du cercle très restreint des chefs militaires de haut rang du Front patriotique rwandais (FPR), ancienne rébellion majoritairement tutsi dirigée par Paul Kagame, qui a mis fin au génocide de 1994 au Rwanda et dirige le pays depuis lors.

Purge dans l'armée ?

L'arrestation de ces deux généraux intervient alors que le gouvernement a mis en cause ces dernières semaines deux anciens officiers supérieurs, le général Kayumba Nyamwasa (ex-chef d'état-major de l'armée) et le colonel Patrick Karegeya (ancien chef des renseignements extérieurs) dans une récente série d'attaques à la grenade à Kigali.

Autrefois des personnalités clés du régime rwandais, ces deux officiers ont fuit en Afrique du Sud. Ils seraient coupables d'avoir fomenté "des actes terroristes" et auraient commencé "à mettre en uvre des projets de déstabilisation de l'Etat", selon la justice rwandaise.

"Personne ne peut faire un coup d'Etat" au Rwanda, avait mis en garde début mars le président Kagame, qui dirige le pays depuis 1994 et sera vraisemblablement candidat à sa propre succession à l'élection présidentielle prévue en 2011.

La semaine dernière, Paul Kagame avait de plus procédé à un vaste remaniement à la tête des armées, et nommé l'un de ses fidèles, le chef d'état-major James Kabarebe, au poste de ministre de la

Défense. Une source bien informée, citée par RFI, estime que Paul Kagame opère "une véritable purge au sein de l'armée rwandaise pour se débarrasser de ceux qui pourraient lui faire de l'ombre".

 

A.L. avec AFP et RFI

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