Russie-Ukraine: paralysie du trafic de gaz vers l'Europe

Suzuki vient de suspendre sa production en Hongrie, sur injonction des autorités qui desservent en priorité la population. De son côté  Arcelor Mittal a dû mettre son site de Zenica en Bosnie temporairement à l'arrêt.
La dispute gazière entre Moscou et Kiev s'est encore envenimée mercredi avec une paralysie désormais complète du réseau de gazoducs approvisionnant l'Europe via l'Ukraine, contraignant l'Union européenne à durcir sensiblement le ton pour exiger un règlement de la crise.  

La salle de contrôle du géant russe Gazprom a officiellement donné l'ordre d'arrêter totalement le transit du gaz russe vers l'Europe via l'Ukraine, a rapporté dans la soirée l'agence russe Interfax. Auparavant, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, avait ordonné à Gazprom de cesser toutes les livraisons de gaz naturel transitant par l'Ukraine pour empêcher le "vol" de gaz russe par Kiev, une accusation réfutée par la partie ukrainienne.

Le chef du gouvernement russe a averti que les livraisons de gaz russe transitant par l'Ukraine vers l'Europe reprendraient seulement après un accord sur le déploiement d'observateurs internationaux.

Pour tenter de trouver une issue à la crise, les représentants de Gazprom, de la société nationale ukrainienne Naftogaz, des gouvernements russe et ukrainien et de l'UE se retrouveront jeudi à Bruxelles, afin de discuter des modalités d'une reprise des livraisons de gaz à l'Europe, a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Une audition par le Parlement européen du patron du géant russe Gazprom Alexeï Miller et du vice-président de Naftogaz, Igor Didenko, est annoncée pour jeudi à Bruxelles. La Russie et l'Ukraine ont toutes deux approuvé mercredi le principe du déploiement d'observateurs européens afin de vérifier l'injection et le transit de gaz russe dans les gazoducs ukrainiens à destination de l'Europe.

Au moins onze Etats européens, dont l'Autriche, la Roumanie, la République tchèque, la Bulgarie et l'Italie, sont désormais privés de gaz russe, tandis qu'une vague de froid glacial sévit justement sur le Vieux continent, avec des températures tombées à -30 degrés dans certains pays. Nombre d'entre eux ont annoncé avoir commencé à puiser dans leurs réserves de gaz.

Pour l'Europe dans son ensemble, le transit du gaz par l'Ukraine est vital au plan énergétique. Un quart du gaz consommé sur le Vieux continent provient de Russie, dont 80% transitait jusqu'ici par l'Ukraine.

Logiquement, la coupure a provoqué de vives réactions en Europe: "si les livraisons ne sont pas rétablies d'ici à demain, nous verrons une intervention plus ferme de la présidence et de l'UE en tant que telle", a déclaré le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'Union européenne pour six mois.

Il n'a pas précisé quelle forme cette réaction pourrait prendre. "La crise actuelle du gaz est beaucoup plus grave que celle qu'on avait connue en 2005-2006, elle est en quelque sorte inédite", a-t-il affirmé, "les deux pays sont plus agressifs lorsqu'il s'agit de faire valoir leurs intérêts".

Selon lui, non seulement les pays d'Europe centrale et des Balkans mais aussi l'Allemagne, principal client de Gazprom au sein de l'UE, "connaîtront des problèmes dans les prochains jours si la situation reste inchangée".

(Belga)

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