Russie: Poutine tente le coup de rester au pouvoir jusqu'en 2036, l'opposition fustige

Les sénateurs russes ont approuvé mercredi la réforme constitutionnelle adoptée plus tôt par les députés, qui ouvre notamment la voie au maintien au pouvoir de Vladimir Poutine, théoriquement jusqu'en 2036.

La réforme a été soutenue par 160 sénateurs du Conseil de la Fédération, un ayant voté contre et trois s'étant abstenus. Le texte doit encore être approuvé par les parlements de deux tiers des régions russes, avant d'être soumis à un vote des Russes prévu le 22 avril.   Ces amendements constitutionnels sont "une des questions les plus importantes de l'histoire moderne" de la Russie, a déclaré avant le vote la présidente du Conseil, Valentina Matvienko.  

Le texte voté contient l'amendement adopté la veille par les députés pour "réinitialiser" le compteur de mandats présidentiels, ce qui donnerait en théorie à Vladimir Poutine le droit de se représenter en 2024 puis aussi en 2030.  

Vladimir Poutine avait pris tout le monde par surprise en janvier en annonçant une vaste réforme constitutionnelle, vue comme un moyen détourné pour se laisser les moyens de préserver son influence après 2024.  

Il a pris une seconde fois le pays de court mardi, en annonçant finalement être favorable à l'idée de relaxer les règles de limitation de mandats.

L'opposition fulmine

L'opposition russe a dénoncé mercredi une "usurpation du pouvoir" par Vladimir Poutine, le parlement ayant validé au pas de course une réforme permettant son maintien à la présidence jusqu'en 2036 via une vaste réforme constitutionnelle.

Un amendement à la loi fondamentale, ajouté mardi à la surprise générale à une réforme plus vaste, permettra à l'homme fort de la Russie de "réinitialiser" son compteur de mandats présidentiels, afin de lui donner le droit de se représenter en 2024 et 2030. La Cour constitutionnelle doit valider la manoeuvre.

Adoptée en troisième lecture mercredi par les députés puis par les sénateurs mercredi, la réforme, qui inclut aussi un renforcement des prérogatives présidentielles, des mesures sociales et des principes sociétaux conservateurs, doit désormais être approuvée par les deux tiers des parlements régionaux, puis lors d'un "vote populaire" le 22 avril.

Pour l'opposition, prise de court, cette mesure prouve que Vladimir Poutine compte bien rester indéfiniment au Kremlin, même s'il a assuré le contraire par le passé.

Une lettre ouverte d'une vingtaine de figures de la société civile a appelé les Russes à un "dénigrement cynique" de la loi russe.

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