Russie: le procès des Pussy Riot, anti-Poutine, reprend à Moscou

Nadezhda Tolokonnikova (G), Yekaterina Samutsevitch (C) et Maria Alyokhina (D)
Nadezhda Tolokonnikova (G), Yekaterina Samutsevitch (C) et Maria Alyokhina (D) - © ADNREY SMIRNOV (AFP)

Après une première audience la semaine dernière, les trois jeunes chanteuses féministes du groupe Pussy Riot comparaissent à nouveau devant la justice à Moscou. Ce procès pour "hooliganisme" aggravé par l'hostilité à l'égard de la religion est devenu celui de la liberté d'expression.

Les trois femmes comparaîtront dans la salle où fut jugé l'ex-magnat du pétrole, Mikhaïl Kodhorkovsky.

En février, les trois jeunes femmes avaient  fait un bref happening dans la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou. Elles avaient chanté  "Marie mère de Dieu, chasse Poutine". Elles ont été interpellées par la suite. Elles sont inculpées de vandalisme motivé par la haine ou l'hostilité envers la religion, un délit qui n'existe pas à ce jour dans le code russe.  Elles risquent 7 ans de prison et, bien qu'ayant de jeunes enfants, elles resteront en prison au moins jusqu'au début de l'année prochaine.

Mais cette affaire a divisé les Russes: beaucoup ont été choqués par  cette action iconoclaste, dans un pays où l'Eglise a étendu son influence dans toute la société, jusqu'au Kremlin. L'Eglise orthodoxe est un des piliers du pouvoir.  

Revenu au Kremlin le 6 mai, Vladimir Poutine et le pouvoir se sont lancés dans une offensive coordonnée contre la contestation. Plusieurs lois ont été votées: celle qui aggrave drastiquement les pénalités  en cas de manifestations non autorisées et de débordements, celle qui renforce le contrôle sur internet, celle encore qui qualifie d'"agent étranger"  les ONG bénéficiant de financements extérieurs, sans oublier la nouvelle loi sur la diffamation qui rétablit une mesure qui avait été supprimée sous la présidence de Dmitri Medvedev.

Et enfin, il n'y a pas que les chanteuses de "Pussy Riot".Les arrestations de manifestants anti-Poutine du 6 mai se poursuivent, 16 personnes sont dans le collimateur.  Un militant et un blogueur ont demandé l'asile politique aux Pays-Bas et en Autriche. Et un procès s'ouvre aujourd'hui contre une des figures emblématique et controversée de la contestation russe, le blogueur Andrei Navalny.

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