Russie : comment Poutine mènera-t-il sa nouvelle présidence?

Les Russes ont élu dimanche leur nouveau président, et c’est leur ancien président qu’ils ont plébiscité : Vladimir Poutine, qui va donc entamer un quatrième mandat à la fin duquel il totalisera 20 années à la présidence (sans compter les 4 ans au cours desquels il a été Premier ministre). Mais que réservent ces 6 nouvelles années au pouvoir?

Le défi de Poutine sera socio-économique. Il a promis diminuer de moitié la pauvreté, d’augmenter l’espérance de vie, d’investir dans les infrastructures et de mieux financer les soins de santé.

Il va sans doute devoir lâcher du lest pour des catégories de population qui le soutiennent, comme pour les pensionnés. Bien qu’elles soient très basses, les retraites coûtent une fortune à l’Etat.

Desserrer l’emprise de l’Etat sur l’économie

Mais où trouver l’argent pour cela? L’état de l’économie russe n’est pas brillant. Tous s’accordent à dire qu’il faut la réformer. Pourquoi? Tout simplement parce que l’Etat contrôle aujourd’hui 70% de l’économie russe.

Et pour renouer avec la croissance, une autre promesse de Poutine, il faut desserrer l’emprise de l’Etat sur l’économie.  

C’est la thèse des tenants du libéralisme économique dur, des banquiers, des oligarques, et via ses conseillers, Vladimir Poutine pourrait être à leur écoute.

Mais il ne faut pas oublier que le président lui-même est issu d’un autre monde, celui du renseignement, un monde qui craint, lui, qu’une libéralisation de l’économie ne mène à une libéralisation politique, dont il se méfie.

Réformes politiques?

Doit-on s'attendre à des réformes politiques ? La probabilité d’un bouleversement est réduite. Poutine l’a dit lui même : “Pour l’instant, je ne prévois pas de réforme constitutionnelle”.

En matière de politique étrangère, il ne faut pas non plus s’attendre à de grands changements. La confrontation avec les Occidentaux a plutôt réussi à Poutine : sur le terrain, que ce soit en Ukraine ou en Syrie, ou encore dans l’affaire Skripal. La preuve en est son score triomphal à cette élection.

La stabilité, c’est l’argument qui revient le plus souvent dans la bouche des électeurs de Vladimir Poutine : les Russes craignent une chose par dessus tout, c’est que des changements n’entraînent le chaos économique ou politique, tel qu’ils l’ont connu après l’effondrement de l’URSS, dans les années 90.

Voter Poutine, c’est voter pour l’Etat. C’est d’ailleurs cela qui explique le peu de succès des candidats libéraux d’opposition.

Pas au pouvoir jusqu'à 100 ans

Et comment peut-on imaginer la suite? Vladimir Poutine aura 71 ans à la fin de ce nouveau mandat. Et ce sera son dernier mandat, vu que la Constitution l’empêche de faire plus de deux mandats d’affilée et, il l’a dit, il ne compte pas rester au pouvoir jusqu’à 100 ans.

Il devrait par contre assurer ses vieux jours, en nommant un successeur, qui lui garantirait une retraite sans problème. Mais qui? C’est la grande inconnue.

En attendant son investiture le 7 mai prochain, Vladimir Poutine ne laisse pas voir dans son jeu. Il ne dit même pas s’il reconduira Dimitri Medvedev, son homme de confiance au poste de Premier ministre.

Poutine : L'incontournable patron de la Russie au JT du 19/03

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