Royaume-Uni: l'inquiétude des entrepreneurs s'accroît à l'approche du Brexit

Les entrepreneurs britanniques sont particulièrement inquiets quant à la perspective d'un Brexit sans accord, alors que le Royaume-Uni et l'UE ne sont toujours pas parvenus à s'entendre sur les termes du retrait et que la date fatidique du 29 mars 2019 approche, est-il ressorti mardi d'un déjeuner entre le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders et des acteurs économiques à Londres.

"Une absence d'accord serait négative tant pour les Européens que pour les Britanniques. Il y a encore une possibilité de conclure mais le temps presse", a lancé l'ancien CEO de BMW, Ian Roberston.

D'après lui, le maintien de l'Irlande du Nord dans l'Union douanière - la principale pierre d'achoppement entre l'UE et Londres - constitue "probablement la meilleure option" pour éviter tout rétablissement d'une frontière physique sur l'île irlandaise, dont la partie sud est le territoire de la République d'Irlande, membre du bloc européen.

"Il y a encore de l'espoir"

Pour Catherine McGuinness, une haute responsable de la City of London Corporation - la place financière de la capitale britannique -, tous les scénarios possibles doivent être préparés, y compris l'absence d'accord.

"Sur les services financiers, le gouvernement de Theresa May a fait beaucoup d'efforts et nous avons désormais besoin de réciprocité de la part des Européens", a-t-elle toutefois estimé.

"Il y a encore de l'espoir, mais la situation politique de Mme May est très complexe. Je pense qu'elle a été aussi loin qu'elle pouvait pour obtenir un résultat et c'est désormais à l'UE de bouger", a abondé le CEO de l'association des transporteurs routiers britanniques, David Wells.

Aux yeux du ministre Reynders, l'Union européenne a cependant déjà avancé beaucoup de solutions techniques pour parvenir à un accord de retrait, que ce soit sur les droits des citoyens, les questions financières, ou encore la question de la frontière irlandaise. "L'appartenance de l'Irlande du Nord à l'union douanière permettrait de sortir de cette impasse", a-t-il insisté, tout en affirmant que le débat sur cette question se déroulait maintenant principalement du côté britannique.

D'après M. Reynders, un accord sur le retrait ne devrait pas être trouvé dans les prochaines semaines. "Nous sommes toujours prêts à conclure, mais ce matin, j'ai plutôt compris que ce sera compliqué d'aboutir cette année" pour Londres, a-t-il expliqué, après s'être entretenu avec son homologue britannique, Jeremy Hunt.

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