Royaume-Uni: Boris Johnson et Theresa May, à couteaux tirés

Le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier, a estimé ce lundi qu'il était "réaliste" d'arriver à un accord avec le Royaume-Uni sur son départ de l'UE d'ici "six à huit semaines".Cet optimisme contraste avec l'ambiance actuelle au Royaume-Uni.  Une lutte sans merci: c’est ainsi que l’on peut qualifier les relations entre la Première ministre britannique, Theresa May, et son ancien ministre des Affaires étrangères, l’eurosceptique Boris Johnson.

Dernier épisode en date: les déclarations de Boris Johnson dans le Mail on Sunday le week-end dernier. Les métaphores utilisées par ce dernier en disent long sur l’estime qu’il porte à la Première ministre. 

Rentrée politique sous haute tension

La rentrée politique est extrêmement délicate pour Theresa May. Son projet de négociation du Brexit, qu'elle a présenté en juillet, est toujours rejeté, aussi bien par les pro européens de sa formation, que par les "Brexiters" les plus fanatiques.

Boris Johnson tente dès lors de saisir cette opportunité pour faire tomber la cheffe de l'exécutif. Dans cette entreprise, il ne recule devant rien. Il applique la recette du président américain Donald Trump, en se livrant à une surenchère en espérant déstabiliser Theresa May, et faire bouger les lignes électorales.  

Au-delà des mots, l’objectif est de prendre l’ascendant sur le parti conservateur; un objectif que Boris Johnson caresse de longue date. Il y avait renoncé en 2016, après la victoire du Brexit dans les urnes et la démission de David Cameron à la tête du gouvernement. Mais aussi à l'époque, un autre partisan du Brexit, Michael Gove, l'avait pris de court en présentant sa candidature avant la sienne. L'autre hypothèse est que Boris Johnson n'avait tout simplement pas anticipé la victoire du Brexit, et qu'il n'avait pas de programme à défendre.

Des vues radicalement différentes 

Maintenant que les négociations avec l'Union européenne sont franchement entamées, Boris Johnson veut retenter sa chance en déclanchant une élection interne au parti conservateur. 
 
Et entre Theresa May et son ancien ministre des affaires étrangères,  il y un comme un gouffre quand on parle Brexit et sortie de l’union européenne. 


Theresa May tente très difficilement de trouver une voie médiane entre une rupture brutale avec l'Union européenne et le maintien du Royaume uni dans le marché unique européen, et dans l'Union douanière européenne.

Boris Johnson, lui, donne la primauté à la souveraineté nationale, mais aussi à un rapprochement commercial avec les Etats-Unis de Donald Trump. 
 
 

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