Roumanie: remaniement gouvernemental, l'homme fort de la gauche écarte ses opposants

Liviu Dragnea a écarté du gouvernement roumain ceux qui s'opposaient à lui au sein de son parti
Liviu Dragnea a écarté du gouvernement roumain ceux qui s'opposaient à lui au sein de son parti - © DANIEL MIHAILESCU - AFP

Les sociaux-démocrates au pouvoir en Roumanie ont annoncé lundi un vaste remaniement qui devrait permettre à leur chef de file Liviu Dragnea de resserrer son emprise sur le gouvernement en écartant des frondeurs.

Sept ministres au total, dont les titulaires des portefeuilles de la Défense, Mihai Fifor, et du Développement régional, Paul Stanescu, ont été remplacés, à six semaines du début de la présidence semestrielle de l'Union européenne, assumée par Bucarest à partir du 1er janvier.

Ces deux responsables auraient signé en septembre une lettre appelant à la démission de Liviu Dragnea de la tête du Parti social-démocrate (PSD), l'accusant de prendre des décisions "discrétionnaires", dont la nomination de trois Premiers ministres successifs en l'espace de 13 mois, ou encore de n'être "pas parvenu à expliquer le bien-fondé" d'une réforme de la justice qui a valu à la Roumanie de nombreuses critiques internationales.

Les allégations visant les deux ministres "n'ont aucunement compté" dans la décision de les remplacer, a assuré le leader démocrate au cours d'une conférence de presse. Il a toutefois souhaité qu'"un terme soit mis rapidement aux disputes" ayant récemment secoué ce parti et espéré que les rumeurs quant à la prochaine démission de plusieurs élus mécontents "ne se confirment pas".

Empêché de briguer le poste de Premier ministre en raison d'une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale, Liviu Dragnea est considéré comme le véritable chef du gouvernement, qu'il dirige d'une poigne de fer. "La Roumanie s'apprête à assumer la présidence tournante de l'UE, c'est pourquoi nous avions besoin de personnes ayant davantage d'expérience" que les ministres sortants, a pour sa part affirmé la Première ministre Viorica Dancila.

Trois des titulaires désignés lundi avaient déjà siégé au gouvernement en 2017 mais avaient été remplacés au cours des différents remaniements. Le président de centre droit Klaus Iohannis a à plusieurs reprises demandé la démission du gouvernement Dancila, lui reprochant, entre autres, l'état d'"impréparation" pour piloter l'UE.

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