Roumanie: le président veut bloquer un projet controversé d'amnistie et de grâce

Klaus Iohannis
Klaus Iohannis - © THIERRY ROGE - BELGA

Le président roumain de centre-droit Klaus Iohannis a annoncé mardi qu'il s'inviterait aux réunions du gouvernement de gauche afin de tenter d'empêcher l'adoption d'un projet d'amnistie et de grâce susceptible de bénéficier à des responsables politiques.

"Je vais assister aux réunions du gouvernement. Un décret d'amnistie et de grâce serait une très grave erreur pour la Roumanie", a déclaré M. Iohannis à Vienne, en marge d'un sommet Europe-Afrique, selon un communiqué de la présidence.

Une telle mesure serait d'autant plus malvenue que Bucarest s'apprête à prendre la présidence tournante de l'Union européenne à partir du 1er janvier, a ajouté le chef de l'Etat, qui se trouve en conflit ouvert avec la majorité.

Pour se blanchir?

Le chef du Parti social-démocrate (PSD) au pouvoir, Liviu Dragnea, a appelé lundi le gouvernement à aller de l'avant avec le projet d'amnistie et de grâce, "afin de réparer des injustices et des abus" commis selon lui par des magistrats.

Déjà condamné à de la prison avec sursis en 2016 et visé par deux dossiers de corruption, M. Dragnea pourrait lui-même être blanchi si un tel texte était adopté, selon ses détracteurs. Sa condamnation l'a empêché de briguer le poste de Premier ministre, actuellement détenu par une proche, Viorica Dancila.

Début 2017, peu après son retour au pouvoir, le PSD avait déjà tenté de faire passer un décret d'urgence offrant une grâce collective aux détenus purgeant jusqu'à cinq ans de prison. Le texte prévoyait aussi l'amnistie de certaines infractions, y compris pour des faits de corruption.

Confrontée à une vague de contestation d'une ampleur sans précédent depuis la chute du communisme, la majorité de gauche avait fait machine arrière. Elle a toutefois procédé depuis lors à un assouplissement graduel de la législation pénale, vivement critiqué par Bruxelles.

La Commission européenne, qui soumet la justice roumaine à un dispositif de surveillance renforcée depuis l'adhésion du pays à l'UE en 2007, a à plusieurs reprises mis en garde contre tout projet de loi qui aurait pour effet de "blanchir des individus condamnés pour délits de corruption".

 

 

Archives : Journal télévisé 11/08/2018

En août dernier, une manifestation a dégénéré en Roumanie. 450 personnes ont été blessées lors d'un grand rassemblement organisé à Bucarest. De nombreux expatriés, notamment, étaient revenus dans leur pays pour dénoncer la corruption du gouvernement.

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