Rouen: ruée sur les masques de protection en pharmacie

5.000 tonnes ou le double? La quantité de produits partis en fumée lors de l'incendie de l'usine chimique de Rouen reste inconnue alors que Lubrizol et son voisin Normandie Logistique (NL) rejettent la responsabilité de l'origine du feu.

Après les 5.253 tonnes de produits chimiques incendiés chez Lubrizol, la préfecture de Seine-Maritime a publié vendredi soir une liste de... 9.050 tonnes de produits stockés par l'entreprise voisine, Normandie Logistique (NL), elle aussi partiellement incendiée. Le hic, c'est que NL, une institution ancienne autrefois appelé "Magasins généraux", n'est pas en mesure de dire quels produits ont été touchés par l'incendie.

Inquiétude persistante

Depuis l'incendie, dix jours ont passé et les Rouennais voudraient oublier la nuit noire qui les a enveloppés. Mais sur la place de la célèbre cathédrale, l'épisode récent continue d'inquiéter. "Il y a deux poids, deux mesures. D'un côté, les animaux qui doivent être confinés et qui ne peuvent pas sortir, on jette le lait. Et puis les humains qui peuvent sortir et respirer!", explique Dominique Lefaix, un habitant de Rouen.

Comportement inhabituel : les habitants du centre se sont rués sur les masques de protection des pharmacies. 500 ventes en une semaine dans une seule officine.

Les marchés habituellement très fréquentés, semblent désertés. Et les rares clients, traditionnellement amateurs de produits frais, sont devenus très exigeants. "Sur le marché on peut voir si les maraîchers sont à l'est de Rouen, alors les pauvres ils sont sinistrés. S'ils sont à l'ouest, là où le nuage n'est pas passé, la production est saine", analyse Pierre Dumas, un habitant de Rouen rencontré sur le marché.

Lait à l'égout 

L'impact de l'incendie de Rouen se mesure aussi dans les campagnes. 1800 agriculteurs ont été touchés par les retombées des fumées en Normandie. Dans l'attente d'analyse plus poussée, Aline Catoir, agricultrice, a reçu l'obligation de se débarrasser...du lait de ses vaches. "On jette depuis ce 28 septembre, ce qui représente plus de 15.000 litres de lait jeté", se désole-t-elle.

A Rouen, une permanence juridique tente d'aiguiller gratuitement des habitants désemparés. La salle d'attente est comble. A Rouen, un seul bras de Seine sépare le cœur de la ville d'un des plus importants complexes pétrochimique de France. Un chapelet d'usines potentiellement dangereuses qui enserrent la cité. Comme si les habitants avaient pris conscience de vivre à côté d'une poudrière.

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