Rohingyas: la Birmanie sous pression à la veille du grand discours de Suu Kyi

Rohingyas: la Birmanie sous pression à cause à la veille du grand discours de Suu Kyi
Rohingyas: la Birmanie sous pression à cause à la veille du grand discours de Suu Kyi - © DOMINIQUE FAGET - AFP

A la veille du grand discours d'Aung San Suu Kyi, l'étau s'est resserré lundi autour de la Birmanie, Human Rights Watch appelant à des sanctions contre l'armée birmane, accusée d'"épuration ethnique" après l'exode de plus de 400 000 musulmans rohingyas.

Sanctions et conséquences économiques

Human Rights Watch (HRW) a ainsi appelé les Nations unies, à la veille de l'Assemblée générale à New York, à imposer des sanctions ciblées et un embargo sur les armes.

"Les commandants militaires birmans sont davantage susceptibles de répondre aux appels de la communauté internationale s'il y a des conséquences économiques réelles", a commenté John Sifton de HRW.

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L'ONU dénonce déjà une "épuration ethnique" menée par la Birmanie, dont l'armée mène depuis plus de trois semaines une opération de représailles ayant fait fuir en masse les civils, après des attaques de rebelles rohingyas le 25 août.

412 000 réfugiés

Quelque 412 000 réfugiés sont depuis arrivés au Bangladesh, selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).

En trois semaines s'est créé l'un des plus grands camps de réfugiés du monde et les autorités locales comme les ONG, débordées, peinent à venir en aide aux nouveaux venus.

Pressée de toute part, la dirigeante birmane va finalement s'exprimer mardi à 10H00 locales (03H30 GMT).

Cette dernière est prise en étau entre la communauté internationale, très sévère à son égard, et la population birmane, marquée par un fort racisme antimusulman. Aung San Suu Kyi a jusqu'ici apporté son soutien sans faille à l'armée, accusée de mener des exactions sous couvert d'opération antiterroriste.

La nation est en train de se construire sans les Rohingyas

Pour Aung San Suu Kyi la marge de manoeuvre est limitée d'après les experts. "La nation birmane est en train de se construire et elle a décidé de se construire sans les Rohingyas. Penser qu'on passera outre est complètement illusoire", estime Maël Raynaud, spécialiste de la Birmanie.

Lundi à Rangoun, des manifestants ont dénoncé les pressions de la communauté internationale.

Le rejet des Rohingyas, considérés comme des étrangers illégaux dans ce pays à plus de 90% bouddhiste, est très répandu dans la population birmane.

Restrictions pour les Rohingyas

Depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, les Rohingyas sont soumis à de nombreuses restrictions : ils ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation, ils n'ont accès ni au marché du travail, ni aux services publics (écoles et hôpitaux).

A Dacca, au moins 20 000 islamistes, vêtus de tuniques blanches et chantant "Dieu est grand" marchaient lundi vers l'ambassade de Birmanie, souhaitant l'"assiéger" pour protester contre les violences contre les Rohingyas.

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