Rohingyas: l'armée birmane fait un premier pas pour reconnaître sa responsabilité

Des soldats birmans patrouillent dans un camp près du village d'Ukhia, entre la Birmanie et le Bangladesh, le 16 septembre 2017
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Des soldats birmans patrouillent dans un camp près du village d'Ukhia, entre la Birmanie et le Bangladesh, le 16 septembre 2017 - © DOMINIQUE FAGET

Après des mois de dénégations, l'armée birmane a reconnu que des soldats avaient pris part à un massacre de Rohingyas, un premier aveu qui ne serait que la partie émergée de l'iceberg selon Amnesty International.

Depuis des mois, l'armée, et dans son sillage le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, récusent toutes les accusations d'"épuration ethniques".

Mais tout a basculé mercredi. "Des habitants du village d'Inn Din et des membres des forces de sécurité ont reconnu avoir tué dix personnes", a indiqué le bureau du chef de l'armée sur Facebook, revenant sur des faits survenus le 2 septembre dans l'Etat Rakhine.

L'armée décrit pour la première fois les victimes comme des "Bengalis", terme péjoratif désignant les Rohingyas en Birmanie où ils sont considérés comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin.

Mais pour de nombreux experts, une confession de l'armée, même partielle au vue des accusations, est une étape essentielle.

"Il faut se souvenir que cela fait des décennies qu'il n'y a aucune transparence en Birmanie. Toute action pour davantage de transparence, toute volonté de rendre des comptes doit être soulignée", estime l'historien birman Thant Myint-U.

Beaucoup d'observateurs lient cet aveu aux poursuites en cours contre les deux journalistes de Reuters.

L'aveu de l'armée est d'ailleurs intervenu quelques heures après la mise en examen des deux reporters pour atteinte au secret d'Etat pour avoir enquêté sur l'opération en Etat Rakhine.

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