Road trip préélectoral aux Etats-Unis : Harley Davidson et la guerre commerciale de Trump

Siège de Harley Davidson à Milwaukee
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Siège de Harley Davidson à Milwaukee - © RTBF - Alice Debatis

Un arrêt aujourd’hui le long du lac Michigan, dans la ville de Milwaukee, le berceau des Harley Davidson.

En 2016, Donald Trump avait conquis de justesse cette région industrielle. Il y avait senti monter le mécontentement de la classe ouvrière blanche contre les accords commerciaux de libre-échange. Quatre ans plus tard, le climat semble moins favorable au Président. Ses guerres commerciales n’ont pas eu les bénéfices attendus pour l’industrie. L’une d’entre elles, déclenchée avec l’Union européenne, a même attiré des taxes douanières sur l’emblème de la ville, les Harley Davidson.

Un symbole américain

C’est un symbole américain. Un mythe synonyme de liberté et de grands espaces. La Harley Davidson. A Milwaukee, le berceau de ces lourdes motos, c’est surtout devenu un art de vivre. Dans ce magasin, Alan Currie le constate tous les jours auprès de ses clients.

"Ce qui les motive, c’est juste l’idée de la liberté, d’être sur la route, seul ou avec un groupe, et de simplement apprécier le fait de rouler. "

Et comme tout bon vendeur, il insiste pour nous faire goûter un peu à l’esprit Harley.

"Pourquoi ne grimpez-vous pas ? Essayez ! Allez-y ! Cet interrupteur, abaissez-le ! Est-ce que cela vous donne une idée de ce que c’est d’être sur la route ? Vous portez un masque là mais je peux voir dans vos yeux que vous avez un grand sourire, n’est-ce pas ? "

Un symbole anti-Trump

Ce symbole de liberté est aussi devenu pendant cette campagne présidentielle un symbole anti-Trump. Pour les Démocrates, c’est la parfaite illustration de l’échec de sa politique protectionniste. Il y a plus de deux ans, il a déclenché une guerre commerciale contre l’Unions Européenne et la Chine en imposant des tarifs douaniers sur leur acier. Des mesures qui provoquent en retour des taxes douanières sur l’emblème de Milwaukee. Larry Hall travaille depuis 23 ans dans l’usine de Harley Davidson. Pour ce membre du syndicat des métallurgistes, cette guerre commerciale a été un coup dur.

"Ça a eu des effets négatifs pour les employés et pour le travail en général. Parce que cela a diminué notre production et notre capacité d’exporter notre produit en Europe ou ailleurs dans le monde."

Dans la foulée, l’entreprise avait même annoncé qu’elle déplacerait une partie de sa production à l’étranger à cause de l’apparition de ses tarifs douaniers. Selon Larry, cette politique isole aussi les Etats-Unis sur la scène internationale.

"Les tarifs sur l’acier n’ont pas seulement affecté la Chine mais aussi l’Union européenne, qui a été un allié fort des Etats-Unis. Cela a créé une tension entre nous et ce n’est pas profitable sur le long terme."

Un avis pas toujours partagé

Cet avis n’est pas partagé par tout le monde. Parmi eux, Trevor. Pour cet habitant de Milwaukee, Donald Trump incarne le retour d’un état qui protège des effets néfastes de la mondialisation.

"Ce n’est pas juste que l’on paie tout le temps. Ce n’est pas comme s’il était en train de piller des pays du tiers-monde. Il essaie juste que les autres paient aussi. Je pense qu’il devrait faire plus pression sur la Chine."

Johanne adhère, elle aussi, au slogan " America first ".

"Mon père a fait le Vietnam. Je suis pour l’Amérique d’abord. Il a un plan !"

Dans cet état pivot, le sujet divise. Le 3 novembre prochain, les yeux seront braqués sur le choix des habitants du Wisconsin. Ils feront partie des Américains qui décideront de freiner ou d’accélérer le chemin de l’un des deux candidats vers la Maison Blanche.

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