Riyaz Naikoo, important chef rebelle, tué au Cachemire indien

Les forces de sécurité indiennes ont tué mercredi l'un des principaux commandants rebelles du Cachemire, a annoncé la police locale, dans un contexte de reprise de la violence malgré le confinement mis en place contre le nouveau coronavirus. Riyaz Naikoo, 35 ans, a été tué avec un acolyte non identifié dans son village natal de Beighpora, dans le sud de la vallée de Srinagar. Il dirigeait le groupe Hizbul Mujahideen et était l'insurgé le plus recherché par la police indienne dans cette zone poudrière.

Le plus haut responsable policier du Cachemire indien, Vijay Kumar, a confirmé sa mort à une agence de presse locale. L'ancien chef de la police, Shesh Paul Vaid, a salué un "grand succès" pour les forces indiennes. Par crainte de troubles à l'annonce de sa mort, les autorités indiennes ont coupé le réseau internet mobile et les services de messagerie dans cette région à majorité musulmane disputée avec le Pakistan et où New Delhi fait face à une insurrection séparatiste depuis 30 ans. L'Inde accuse de longue date son voisin pakistanais d'aider et équiper les groupes armés actifs dans la partie du Cachemire sous son contrôle. Islamabad dit seulement soutenir politiquement et diplomatiquement les rebelles cachemiris.

Depuis le début de l'année, 57 rebelles ont été tués par les forces indiennes au Cachemire, dont 37 pendant le confinement national en place depuis fin mars pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, selon un comptage de l'AFP.

L'un des principaux groupes armés

Né dans une famille de fermiers, Naikoo avait obtenu un diplôme universitaire et enseigné les mathématiques avant de rejoindre la rébellion en 2012. Il avait rapidement monté les échelons de l'organisation Hizbul Mujahideen suite à la mort de son jeune chef charismatique Burhan Wani, abattu en 2016 par les forces indiennes. Ce décès avait provoqué une vague de manifestations et d'affrontements dans la vallée de Srinagar, qui avait fait plus de cent morts et des milliers de blessés. En 2018, Naikoo avait orchestré une campagne d'enlèvements de policiers indiens. Cette opération avait cessé après que les forces de l'ordre eurent commencé à arrêter à répétition les proches de chefs rebelles en représailles. Hizbul Mujahideen est, aux côtés du groupe islamiste Lashkar-e-Taiba, l'un des principaux groupes armés à combattre l'Inde au Cachemire. Environ 250 rebelles armés officieraient dans la région, selon les estimations.

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