Réunion d’urgence de l’UE : vers de nouvelles sanctions contre Minsk ?

Ce vendredi après-midi, les ministres européens des Affaires étrangères se réuniront dès 15h par vidéoconférence. Au menu notamment : l’aggravation de la répression en Biélorussie, après la réélection du président Loukachenko. Une réélection vraisemblablement entachée de fraude (plus de 80% des voix dès le premier tour de la présidentielle) et qui a déclenché une vague de manifestations sévèrement réprimées par le pouvoir.

Quelle ligne l’Union européenne doit-elle adopter ? Dès ce mardi, les 27 dénonçaient une élection présidentielle "ni libre ni équitable" et qualifiaient la répression policière de "disproportionnée et inacceptable".

Ce vendredi, ils devraient discuter de la possibilité de rétablir des sanctions à l'égard de la Biélorussie. Dans un communiqué, ils annoncent qu’ils vont procéder "à un examen approfondi des relations de l'UE avec la Biélorussie. Il pourrait s'agir, entre autres, de prendre des mesures contre les responsables des violences observées, des arrestations injustifiées et de la falsification des résultats des élections."

Les Européens divisés sur les sanctions

L’idée de sanctions européennes doit faire l’objet d’un vote à l’unanimité. Or les 27 sont partagés. Plusieurs pays, comme l’Allemagne, l’Autriche, la Lituanie, la Suède ou les Pays-Bas, sont favorables à l’application de sanctions. La Lituanie a accueilli l'opposante Svetlana Tikhanovskaïa, contrainte à l'exil après avoir contesté la victoire d'Alexandre Loukachenko. "Il est inutile de redire notre sérieuse préoccupation. Il faut des conséquences", a plaidé le chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Stef Blok, souligne toutefois qu’il est "important d'éviter des mesures qui affecteraient la population biélorusse". De son côté, la Hongrie se montre plus sceptique et menace de mettre son veto.

Pour rappel, en 2004, l’Union européenne avait déjà imposé une série de sanctions à la Biélorussie (trois entreprises et 170 personnalités biélorusses privées de visas et dont les avoirs étaient gelés dans l’UE). En 2011, l’UE décrétait par ailleurs un embargo sur les armes et imposait des mesures restrictives contre quatre individus.

Il y a quatre ans, une partie de ces mesures ont été levées, à la faveur d’un réchauffement des relations entre l’Union et la Biélorussie (le président Loukachenko s’étant notamment opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie).

Continuer à dialoguer

L’aggravation récente de la répression en Biélorussie change évidemment la donne. Malgré tout, certains pays estiment qu’il reste de l’espace pour le dialogue. Pour la Finlande, par exemple, il faut à ce stade privilégier la médiation plutôt que les mesures de rétorsion.

Les 27 tenteront cet après-midi de résoudre une délicate équation. Répondre avec fermeté à une dérive autoritaire aux portes de l'Union, sans pour autant rompre les liens avec la Biélorussie considérée comme un rempart aux tentations d'influence de Moscou. Il faudra toutefois attendre plusieurs jours avant d'éventuelles décisions.

Biélorussie: l'Europe inquiète de la répression (JT du 14/08/2020)

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