Retrait des USA de l'accord sur le climat: les premières réactions, entre indignation et incompréhension

L'ancien président Barack Obama a regretté jeudi la décision de son successeur Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, qu'il avait signé, mais affirmé que cette décision n'entraverait pas les progrès écologiques dans le reste du monde.

Dans un communiqué, le démocrate a rappelé que l'accord n'avait pu voir le jour, en 2015, que grâce au "leadership américain sur la scène mondiale".

Or, selon lui, "le secteur privé a déjà choisi un avenir à faible carbone".

Elon Musk, le très médiatique PDG du constructeur de voitures électriques Tesla et ardent défenseur des énergies renouvelables, a lui annoncé jeudi qu'il quittait les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump: "Je quitte les conseils présidentiels. Le changement climatique est réel. Quitter Paris n'est pas bon pour l'Amérique et le monde" a tweeté Elon Musk dans les minutes qui ont suivi l'annonce du président Trump.

La décision de retrait est "irresponsable" et "porte atteinte à la parole donnée", a réagi jeudi soir le Premier ministre Charles Michel, qui a annoncé: "Nous devons redoubler d'efforts pour faire en sorte que les grandes puissances réaffirment leurs engagements. Au-delà de l'enjeu écologique, il s'agit aussi d'une question économique et d'équilibres géopolitiques mondiaux".

 

Toujours en Belgique, Ecolo parle d'une décision "littéralement criminelle au regard des conséquences de cette rupture pour les populations les plus impactées par le réchauffement, aujourd'hui et dans le futur" et espère que les réactions ne se limiteront pas à l'indignation: "les gouvernements européens devront aller plus loin que les condamnations. Il n'y a aucune raison de laisser un partenaire politique et économique comme les USA rompre unilatéralement un accord essentiel pour l'avenir de l'humanité sans que cela porte concrètement à conséquences", déclare Patrick Dupriez.

Greenpeace condamne la décision de l’administration Trump, estimant que "cela coûtera aux Etats-Unis leur place de leader, en passant à côté des avantages économiques de la transition énergétique".

"En se retirant de l’accord climatique de Paris, les Etats-Unis vont passer du statut de leader climatique mondial à celui d’une société croyant encore que la terre est plate… C’est une décision morale inepte qui se retournera à terme contre Trump. Car l’action mondiale contre le réchauffement climatique n’est pas une décision légale ou politique, mais un devoir inévitable de protéger l’homme et la planète", a réagi Jennifer Morgan, directeur général de Greenpeace International.

Enfin, le WWF parle d'une décision "égoïste" et appelle l'Europe à avancer avec ceux qui, même aux Etats-Unis, veulent agir pour le climat: "Il est essentiel que l'Europe à ce point de basculement montre à nouveau le leadership climatique. Par conséquent, il doit rechercher des partenaires dans les États américains, les villes, les entreprises et les citoyens. Pour souligner l'importance de l’accord climatique nous devons aussi établir de nouveaux partenariats stratégiques avec des pays comme la Chine et l'Inde", explique Olivier Beys, expert climatique et énergie au WWF-Belgique.

Déclaration d'Emmanuel Macron:

Déclaration de M. Turnbull, le premier ministre australien

Déclaration de Ségolène Royal, ex-ministre française de l'Environnement (extraits)

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