Retour discret en Espagne pour l'équipage de l'Alakrana

RTBF
RTBF - © RTBF

Les seize membres d'équipage espagnols du thonier Alakrana, libérés mardi après avoir été retenus en otage par des pirates pendant un mois et demi, sont arrivés samedi à Madrid sur un vol militaire spécial, a indiqué le ministère de la Défense.

L'équipage est arrivé vers 7 heures GMT dans la discrétion sur une base militaire proche de la capitale, en l'absence de membres du gouvernement et de la presse, à la demande des familles des marins. L'Alakrana et ses 36 marins (16 Espagnols, 4 Ghanéens, 8 Indonésiens, 2 Ivoiriens, 2 Malgaches, 3 Sénégalais, un Seychellois), capturés le 2 octobre, ont été libérés mardi contre une rançon de quatre millions de dollars, selon les pirates somaliens qui les retenaient. Le patron du navire, Ricardo Blach, a confié à la presse espagnole aux Seychelles --base des thoniers pêchant au large de la Somalie-- que les conditions de détention avaient été très éprouvantes. "Ils nous ont très mal traités, pire c'est impossible", a-t-il expliqué selon des propos repris samedi dans le quotidien espagnol El Mundo. "Ils me tapaient, m'attachaient et mille autres choses".

Un autre otage, le Seychellois Wilson Jean Pilate, raconte dans le quotidien El Pais que les pirates étaient armés de kalachnikov et de bazookas. Un jour, ils ont réuni les marins sur le pont et se sont mis à tirer en l'air ou dans l'eau pour leur faire peur et faire pression sur les familles et le gouvernement espagnol, ajoute-t-il. "Ils sont très fatigués et nerveux. On voit que, physiquement, ils ont traversé une épreuve et que, psychologiquement, ils auront peut-être besoin d'être suivis", a confié Argi Galbarriatu, la soeur d'un des marins, interrogée par des journalistes au Pays basque (nord), où se trouve le port d'attache du navire. "Ils n'ont pas eu le temps de nous donner plus de détails. Tout n'a été que baisers, embrassades et manifestations de soutien et d'affection", a-t-elle ajouté.

La capture de l'Alakrana avait relancé en Espagne la polémique sur la sécurité dans cette zone des navires espagnols, qui ne bénéficient pas de protection militaire embarquée, contrairement aux thoniers français qui disposent de fusiliers marins à bord.

Depuis cette affaire, une cinquantaine de gardes privés espagnols, spécialement formés et équipés de mitraillettes et de fusils à longue portée, ont pris place à bord des thoniers espagnols pêchant dans l'océan Indien.


AFP

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK