Restrictions sur l'avortement: Netflix, Disney et Warner menacent de boycotter l'état de Géorgie

Restrictions sur l'avortement: Netflix, Disney et Warner menacent de boycotter l'état de Géorgie
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Restrictions sur l'avortement: Netflix, Disney et Warner menacent de boycotter l'état de Géorgie - © Tous droits réservés

Bientôt un clap de fin pour les productions audiovisuelles en Géorgie ? Netflix, rejoint depuis par ses aînés Disney et Warner, pourraient interrompre leurs tournages sur place si cet Etat américain applique une loi qui durcit les critères permettant aux femmes d’interrompre leur grossesse.  A la clef un manque à gagner pour l'économie locale et plusieurs séries télévisées, non des moindres, obligées de trouver un nouveau terrain de jeu.

Le sujet est et reste clivant aux Etats-Unis. Légalisé à l'échelle nationale depuis un arrêt de la Cour suprême remontant à 1973, l'avortement a fait dernièrement l'objet de mesures législatives, à l'échelle des états fédérés, visant à en limiter l'accès. Quand l'Alabama conditionne désormais l'IVG au seul danger vital pour la mère, excluant ainsi le viol, ou encore l'inceste, la Géorgie, elle, entend interdire aux femmes d’avorter dès que les battements de cœur du fœtus peuvent être détectés. Cela correspond environ à la sixième semaine de grossesse, un stade où bien des femmes ignorent encore qu'elles sont enceintes. Signée début mai par le gouverneur de cet état conservateur du sud-est des Etats-Unis, cette loi est censée entrer en vigueur en 2020, sauf invalidation par la justice.

Sans attendre, quelques dizaines d'acteurs hollywoodiens, comme Alec Baldwin, Don Cheadle, Ben Stiller et Mia Farrow, avaient alors menacé de boycotter les tournages en Géorgie. De petites maisons de production indépendantes les avaient soutenus, avant d'être épaulés par les poids lourds du secteur. Netflix, par la voix de son responsable des contenus, Ted Sarandos, est le premier à lancer un ultimatum: "nous employons de nombreuses femmes sur des productions en Géorgie, dont les droits, comme ceux de millions d’autres, subiront des restrictions sévères en raison de cette loi, si elle devait être appliquée, nous aurions une réflexion sur la totalité de nos investissements sur place." Même refrain pour le groupe Disney, numéro un mondial du secteur, "si la loi devait être appliquée, nous aurions une réflexion sur la totalité de nos investissements en Géorgie" et son concurrent Warner, maison mère de la chaîne HBO.

92.000 emplois générés dans la région

La pression est à présent sur les épaules de Brian Kemp, le gouverneur républicain de la Géorgie. Fort de dispositifs fiscaux très avantageux, jusqu'à 30% de crédit d'impôt, cet état a su attirer ces dernières années de nombreuses équipes de tournage. En 2018, plus de 450 productions y ont installé leurs caméras, investissant pas moins de 2,7 milliards de dollars (soit 2,4 milliards d'euros). Au total, on estime à 92.000 le nombre d'emplois générés dans la région. Les films et séries "made in Géorgie" se comptent par dizaine, et par conséquent un boycott des grands studios, bailleurs de fonds de l'industrie audiovisuelle, pourrait avoir un impact conséquent sur l'économie local.

La Géorgie, terre de morts-vivants et super-héros

Lieu hospitalier pour les tournages, la Géorgie a prêté ses paysages à plusieurs films Marvel, propriété du groupe Disney, à commencer par la saga des "Avengers". Tour à tour les films "Avengers: Infinity War" et "Avengers: Endgame" ont été tournés sur place, même chose pour le blockbuster "Black Panther".

Au niveau des séries, Netflix a implanté en Géorgie les tournages de "Stranger Things" et "Ozark", quand la chaîne AMC, elle, y a situé l'intrigue post-apocalyptique de "The Walking Dead".

Traduction de Brian Kemp, le gouverneur de Géorgie: "Nous sommes appelés à être forts et courageux et nous ne reviendrons pas en arrière. Nous continuerons toujours à nous battre pour la vie."

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