Rester en Russie, la solution "la plus sûre" pour Edward Snowden

Les rumeurs les plus diverses ont accompagné l’arrivée d’Edward Snowden en Russie. L'Équateur, sa destination finale la plus fréquemment citée ces jours-ci, examine sa demande d’asile.

Le pays n’a pas hésité, ce vendredi, à hausser le ton, face aux pressions américaines dans ce dossier. Déjà protecteur du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, l'Équateur reste cohérent par rapport au positionnement nationaliste de son président, Rafael Correa, face aux États-Unis, explique le quotidien américain. Mais cette solution, la plus probable après près d’un mois de fuite, présente quelques faiblesses. La plus inquiétante pour Edward Snowden étant la succession de Rafael Correa.

Respect des règles de droit ou dépendance économique

Peu avant son départ de Hong Kong, où la situation devenait de plus en plus dangereuse pour lui – un risque d’emprisonnement dans l’attente d’une extradition vers les États-Unis  -, l’Islande a été citée comme possible pays refuge. Or, si le pays tend à être parmi ceux où la tolérance par rapport aux nouveaux pirates du web est la plus grande, le Washington Post pointe une caractéristique essentielle de la politique de plusieurs pays du nord de l’Europe : le respect absolu des normes de droit et des règles diplomatiques. Respect qui pourrait déséquilibrer la balance, en défaveur de l’informaticien américain, dans le cas d’une demande d'extradition jugée fondée.

Les pays susceptibles d’accueillir Edward Snowden sont nombreux. Mais, dans la liste des écueils qui pourraient entacher la garantie de sécurité recherchée par ce dernier, il y aurait également les relations commerciales entretenues par plusieurs pays avec les Etats-Unis. Cuba par exemple : le Washington Post souligne l’importance des échanges commerciaux entre l’île et le pays le plus riche de la région. "Tout le monde veut faire des affaires avec les Américains", écrit le quotidien, même l’Iran…  Dans le cas de Cuba, les besoins économiques pourraient prendre le pas sur le positionnement idéologique.

Faire face aux Etats-Unis

Et la Chine ? Aurait-elle pu abriter Edward Snowden ? Sa puissance géopolitique et économique pourrait lui permettre de faire face aux États-Unis, estime le Washington Post. Mais "Pékin, en tant qu'acteur mondial, a tellement de litiges, d’accords ou de négociations en cours avec Washington que les dirigeants chinois n’ont peut-être pas voulu bouleverser tout cela pour un ancien employé trentenaire de la NSA", écrit le quotidien.

Or, poursuit le Washington Post, la Russie ne devra pas faire face à ces dilemmes, car elle ne se trouve pas dans une position de dépendance économique vis-à-vis des Etats-Unis, et ne se focaliserait pas sur le respect formel des règles de droit international. Elle peut s’appuyer sur une longue tradition d’accueil de citoyens occidentaux tombés en disgrâce. "La Russie tente souvent de trouver un moyen de tirer profit d'un incident international", poursuit le quotidien, comme dans le cas Snowden.

Edward Snowden et son action ont peu de choses à voir avec ces considérations diplomatiques. Mais, conclut le journal, "s'il veut vraiment se libérer des bras très longs de la justice américaine, la Russie pourrait lui offrir la solution la plus facile pour une sécurité absolue".

Article à lire dans son intégralité sur le site du Washington Post.

 

W. F., avec le Washington Post

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