République tchèque : le ministre de la Culture révoqué, la crise continue

Milos Zeman.
Milos Zeman. - © ATTILA KISBENEDEK - AFP

Le président tchèque Milos Zeman a révoqué lundi le ministre de la Culture Antonin Stanek, sans cependant nommer son successeur, prolongeant ainsi une crise qui envenime depuis la mi-mai la vie politique en République tchèque.

Le porte-parole du chef de l'Etat Jiri Ovcacek a annoncé dans un communiqué le limogeage de ce ministre, Antonin Stanek, "à compter du 31 juillet".

Soutenu par le président Zeman prorusse et prochinois, M. Stanek était depuis plusieurs mois en rupture de confiance avec son propre parti social-démocrate CSSD, qui a menacé de quitter le gouvernement minoritaire au Parlement s'il restait à son poste.

Selon des déclarations antérieures, le chef de l'Etat ne se prononcera sur le nom du successeur de M. Stanek qu'à la mi-août, au grand désarroi du CSSD qui évoque la possibilité de se retirer de la coalition au pouvoir si son vice-président Michal Smarda n'est pas nommé pour remplacer M. Stanek.

Le président Zeman est ouvertement critique à l'égard de M. Smarda, maire d'une petite ville située loin de Prague, dont il met en question les compétences pour ces fonctions ministérielles.

Au sein du gouvernement, le CSSD est allié au mouvement populiste ANO du Premier ministre Andrej Babis.

En vertu de la Constitution, le chef de l'Etat est obligé de nommer ou de renvoyer les ministres à la demande officielle du Premier ministre, mais la loi fondamentale ne lui fixe aucun délai pour le faire.

Fondateur du géant de l'agroalimentaire Agrofert et milliardaire, M. Babis a été inculpé l'an dernier pour le détournement de deux millions d'euros de fonds européens. Il est aussi confronté aux accusations, qu'il rejette également, de conflit d'intérêts en raison de sa double casquette d'homme politique et d'entrepreneur.

Le 23 juin, plus de 250.000 personnes se sont rassemblées dans la capitale pour exiger sa démission, la plus grande manifestation depuis la chute du communisme en 1989 dans ce pays.

Malgré ces controverses, un sondage rendu public lundi par l'agence de presse Median crédite l'ANO d'Andrej Babis de 28,5% des intentions de vote, devant les Pirates (14%) et le parti de droite ODS (12,5%).

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK