G20: Barack Obama "confiant" dans la capacité des Européens à se redresser

Le président américain, Barack Obama, s'est déclaré vendredi confiant dans la capacité de la zone euro à résoudre la crise de la dette, qui illustre à ses yeux la nécessité d'une intégration politique et économique accrue.

"Le monde est confronté à des défis qui font peser un risque sur la reprise économique mondiale", a dit Barack Obama. "Je suis confiant dans la capacité de l'Europe à relever ce défi. Ce dont le monde a besoin dans de tels moments, c'est d'action", a encore ajouté le président américain lors de la conférence de presse de clôture du sommet.

Le FSB doit être "réformé"

"Nous invitons le Conseil de stabilité financière (FSB) à entreprendre un processus de contrôle en continu des pratiques de rémunération et à rendre ses résultats publics, en insistant sur les lacunes et les obstacles qui empêchent l’application totale de ces normes", selon le communiqué publié par les chefs d'Etat et de gouvernement au terme du sommet en milieu d'après-midi.

Le FSB doit aussi "mettre en oeuvre une procédure contradictoire pérenne de traitement des réclamations des entreprises ne s’estimant pas traitées de manière équitable", ajoutent les chefs d'Etat et de gouvernement des principaux pays riches et émergents.

Le FSB sera aussi "réformé" pour "améliorer sa capacité à coordonner et à contrôler notre programme de régulation financière", écrivent-ils.

Une liste des 29 établissements qui peuvent ébranler le système financier 

"Cette instance étant appelée à jouer un rôle de plus en plus important, nous sommes convenus de renforcer ses capacités, ses ressources et sa gouvernance" grâce notamment à sa "pérennisation" et à un "mandat politique fort", selon le texte. Le FSB sera doté d'une "personnalité morale et d’une autonomie financière plus importante".

Le FSB était dirigé jusqu'ici par Mario Draghi, devenu cette semaine président de la Banque centrale européenne (BCE). L'Italien devrait passer le relais à un successeur que devait nommer le G20.

Cette même institution a publié ce vendredi "une première liste d’établissements financiers d’importance systémique mondiale", c'est-à-dire dont une défaillance risque d'ébranler tout le système financier international.

La liste du FSB compte 29 banques qui devront augmenter leur capital et se soumettre à des règles plus contraignantes en raison du risque qu'elles font peser sur l'ensemble du système financier en raison de leur taille et de leur complexité.

Ces banques sont: Bank of America, Bank of China, Bank of New York Mellon, Banque Populaire CdE, Barclays, BNP Paribas, Citigroup, Commerzbank, Credit Suisse, Deutsche Bank, Dexia, Goldman Sachs, Group Crédit Agricole, HSBC, ING Bank, JP Morgan Chase, Lloyds Banking Group, Mitsubishi UFJ FG, Mizuho FG, Morgan Stanley, Nordea, Royal Bank of Scotland, Santander, Société Générale, State Street, Sumitomo Mitsui FG, UBS, Unicredit Group et Wells Fargo. 

Régulation des produits dérivés

Par ailleurs, le G20 confirme son engagement à réguler d'ici fin 2012 les produits financiers dérivés, accusés d'alimenter la spéculation.

"Tous les contrats de produits dérivés de gré à gré normalisés devraient être échangés sur des plateformes d'échanges ou via des plateformes de négociation électronique, selon le cas, et compensés par des contreparties centrales d’ici la fin 2012 au plus tard", affirment les principaux dirigeants de la planète.

Ils demandent aussi une évaluation du "fonctionnement" des marchés des Credit Default Swaps (CDS), ces "contrats d’assurance des risques de défaut" d'un pays, qui sont aussi accusés de favoriser la spéculation contre les Etats.

Cerner le "shadow banking"

Le FSB devra en outre "identifier les entités financières non bancaires d'importance non systémique", c'est-à-dire les grands fonds spéculatifs et autres établissements qui pourraient capter les opérations risquées ou opaques lors du renforcement des règles imposées aux banques. Mais dans l'immédiat, d'ici fin 2012, le FSB se bornera à "mettre au point des méthodes" pour cerner ce "shadow banking".

Enfin, le G20 se borne à demander aux onze pays qui ne respectent pas les normes internationales contre l'évasion fiscale de "prendre les mesures nécessaires pour remédier aux défaillances constatées" par le Forum mondial qui a évalué les efforts des paradis fiscaux.

L'Italie refuse d'être mise sous surveillance

Lors de la première journée, l'Italie, au centre de l'attention après que le dossier grec ait monopolisé les énergies, n'a pas accepté une "surveillance" formelle par le Fonds monétaire international (FMI) du respect de ses engagements budgétaires mais s'est dite prête à demander des "conseils" à l'institution de Washington, a déclaré à l'AFP une source gouvernementale.

Des sources européennes concordantes avaient affirmé auparavant que l'Italie avait accepté, lors de ce sommet du G20, une surveillance stricte de ses engagements de réduction du déficit public par le FMI, aux côtés de la Commission européenne. Mais une source gouvernementale italienne a ensuite démenti l'existence d'un tel accord, laissant entendre qu'il pourrait être formalisé autrement.

En effet, Rome se dit prête à demander des "avis" ou "conseils" au Fonds sur l'application des engagements pris auprès de la zone euro pour redresser ses finances publiques et rétablir la confiance des investisseurs, selon cette source.

Les "avis" du FMI joueront un rôle complémentaire à la surveillance de la Commission européenne, a-t-elle ajouté.

Ju. Vl. avec agences
Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK