Répression au Nicaragua: Amaya Coppens attend toujours son procès

"J'étais une étudiante, et j'ai cru que ce n'était pas juste ce qui était en train de se passer dans le pays. Je suis sortie dans les rues pour protester pacifiquement, et à cause de ça, je suis ici depuis 4 mois."

Un visage tiré, quelques mots... Vendredi dernier, devant la caméra de l'eurodéputé Mark Demesmaeker (N-VA), la jeune Belgo-nicaraguayenne Amaya Coppens explique comment elle s'est retrouvée derrière les barreaux. Elle voit son avocat uniquement lorsqu'il y a une audience, dit-elle. "Sinon, je n'a pas le droit de parler ou d'avoir un appel téléphonique avec mon avocat".

Dans sa prison de La Esperanza, Amaya Coppens a reçu la visite d'une délégation de 12 eurodéputés européens. Ces députés ont ensuite rencontré le président Daniel Ortega et sa femme.

La jeune fille de 23 ans a été arrêtée le 10 septembre dernier, lors d'une manifestation populaire dans laquelle se trouvaient plusieurs étudiants. Elle est accusée, avec d'autre prisonniers, de terrorisme, d'entrave aux services publics, d'enlèvement, de détention illégale d'armes et de vol aggravé. 

Le pays est secoué depuis avril par une contestation massive, une colère dirigée contre le président Daniel Ortega, et son épouse. Etudiante en 5ème année de médecine, Amaya est considérée par les autorités nicaraguayennes comme l'une des leaders du mouvement étudiant qui est descendu dans les rues.

Organisatrice d'"activités terroristes"

Amaya Coppens nie ces accusations. Aujourd'hui, elle attend toujours son procès. Plusieurs audiences préparatoires ont déjà eu lieu, mais selon ses proches, les nouvelles sont inquiétantes. 

Ainsi, la jeune fille et ses avocats n'auraient été informés qu'à la dernière minute d'une audience préliminaire au procès qui s'est tenue la semaine passée. Ses proches y ont vu une tentative de faire passer la jeune fille pour la responsable des manifestations qui se sont déroulées à León, la ville où elle avait été arrêtée. Elle serait considérée comme une organisatrice d'"activités terroristes". Amaya risquerait jusqu'à 50 ans de prison. Son procès devrait débuter en février.

Sa santé inquiète aussi ses proches. Amaya serait victime d'hypertension, et comme elle l'explique dans cet extrait vidéo, elle n'a pas reçu de soins en détention, à part les médicaments envoyés par ses parents.

La jeune fille aurait cependant reçu la visite d'un médecin, la veille de l'arrivée des eurodéputés. 

Amaya Coppens est une dirigeante du Mouvement étudiant du 19 avril, formé au lendemain du déclenchement de la contestation populaire au Nicaragua. Initié à l'origine par une réforme sévère du système de pensions, le mouvement de colère s'est étendu à la société entière, et est désormais directement dirigé contre la gestion des affaires publiques par le président Daniel Ortega et par sa femme Rosario.

Depuis le 18 avril 2018, près de 400 personnes sont décédées à cause de la répression brutale des autorités, et plus de 500 personnes ont été arrêtées.

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