Réouverture du Louvre : 200 guides manifestent devant le musée pour réclamer des aides au gouvernement français

Le célèbre musée du Louvre à Paris a rouvert ses portes au public ce lundi matin, après trois mois et demi de fermeture. Si le public n’a pas répondu présent en masse, cela n’a pas empêché les guides du musée le plus fréquenté du monde de se faire entendre et de demander un soutien financier du gouvernement.

Environ 200 guides, masque sur la bouche et tableau de la Joconde à la main, ont organisé un "flash mob" à l'occasion de la réouverture du célèbre musée. Faute de touristes et de visiteurs, leurs revenus ont fondu et ils s'estiment les "grands oubliés" de la culture. Ils réclament, comme pour les intermittents, une prolongation de leurs droits et de leurs aides. 

Deux manifestantes ont protesté devant le tableau de La Joconde, à l’intérieur du musée, a aussi constaté l’agence de presse Reuters, présente sur place.

Demande d’un statut d’intermittent

Ces professionnels de la culture, qui réclament notamment un statut d’intermittent au même titre que les artistes, se sont retrouvés au pied de la Pyramide de verre, qui rouvre après quatre mois d’inactivité liée à l’épidémie de coronavirus.

"Le gouvernement a injecté 18 milliards d’euros pour sauver l’industrie touristique, et rien n’est prévu pour aider les guides", a déclaré à Reuters une participante, Margot Schmitz.

Une grande partie des quelque 10.000 guides-conférenciers travaillant en France sont indépendants ou détenteurs de contrats courts, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l’heure où les étrangers se font rares dans le pays, première destination touristique mondiale.

Réouverture partielle, sans les Américains

Pour sa réouverture selon un protocole sanitaire étudié, le Louvre doit accueillir environ 7000 personnes par jour, cinq fois moins qu’avant la crise, ce qui permettra d’admirer quelque 30.000 œuvres d’art dans des conditions privilégiées.

Le public sera majoritairement composé de Français et d’Européens, très différent de celui de l’avant-coronavirus, constitué à 75% d’étrangers, Américains et Chinois en tête.

Le président du Louvre, Jean-Luc Martinez, a évalué à environ 40 millions d’euros le manque à gagner (billetterie, ventes en boutiques, location de salles) pour l’institution, dont l’aide annuelle de l’Etat s’élevait avant la crise à 100 millions d’euros, soit 40% du budget.

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