Catalans et brexiters ont chahuté l'ouverture de la nouvelle session du Parlement européen

Le député européen irlandais nouvellement élu, Matt Carthy brandit une pancarte représentant le président déchu de la Catalogne, Carles Puigdemont, lors de la séance inaugurale du Parlement européen, le 2 juillet 2019 à Strasbourg.
Le député européen irlandais nouvellement élu, Matt Carthy brandit une pancarte représentant le président déchu de la Catalogne, Carles Puigdemont, lors de la séance inaugurale du Parlement européen, le 2 juillet 2019 à Strasbourg. - © FREDERICK FLORIN - AFP

On s’en souviendra de l’ouverture de la nouvelle session du Parlement européen à Strasbourg. Une session issue des élections de la fin mai marquée par des protestations des indépendantistes catalans et par l’affront des Brexiters.

Pour dénoncer l’exclusion de trois députés catalans, il s’agit de Carles Puigdemont, en exil en Belgique, Toni Comin, également exilé, et Oriol Junqueras, en détention provisoire à Madrid, des centaines de manifestants agitant des drapeaux catalans se sont rassemblés devant le Parlement.

Ces trois-là ont bien été élus députés européens en mai dernier, mais les autorités espagnoles ne leur ont pas reconnu ce statut. Car au lieu de se rendre personnellement à Madrid pour prêter serment devant l’autorité électorale espagnole, Carles Puigdemont et Toni Comin ont simplement envoyé une déclaration écrite, ce qui n’a pas été considéré comme valable. Quant à Oriol Junqueras, il n’a pas été autorisé à sortir de sa prison pour prêter serment.

Lundi, dans l’attente d’une décision sur le fond, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a repoussé les demandes de Carles Puigdemont et de Toni Comin de pouvoir occuper leurs sièges.

Ainsi, la liste des députés espagnols à Strasbourg compte 51 noms, au lieu des 54 prévus. "Le futur président de l’Assemblée devra se pencher sur cette question car il s’agit de défendre les droits de gens qui ont été élus", a déclaré à la presse Ska Keller, coprésidente du groupe des Verts/Alliance libre européenne, auquel appartient Oriol Junqueras.

Les sièges des trois élus catalans resteront vides jusqu’à ce qu’on sache s’ils sont autorisés à prêter serment ou s’ils doivent laisser la place à d’autres membres de leur liste. S’ils peuvent siéger, ils bénéficieront de l’immunité parlementaire.

Le show des brexiters

Alors que l'"Ode à la Joie" de Beethoven, l’hymne européen, retentissait dans l’hémicycle, les brexiters se sont tous mis de dos, pour marquer leur hostilité à l’Union Européenne.

Le Brexit Party est arrivé en tête du scrutin européen au Royaume-Uni. Parmi les élus, Henrik Overgaard-Nielsen. Il ne souhaite pas rester trop longtemps à Strasbourg "J’espère être au chômage dans quatre mois. Cela me conviendrait vraiment bien. Pour fin octobre, nous aurons fait nos bagages et nous serons de retour chez nous. Et la Grande-Bretagne sera indépendante".

A l’autre bout de l’échiquier politique britannique, plusieurs députés européens du Parti libéral-démocrate portaient des t-shirts jaunes avec les mentions "Stop Brexit" et "Merde au Brexit".

Cette séance inaugurale a été rapidement suspendue pour permettre aux groupes de poursuivre leurs négociations sur le nom du futur président de l’Assemblée.

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