René Monory, ancien président du Sénat français, est décédé

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L'ancien président du Sénat français, le centriste René Monory, figure de la vie politique nationale, est décédé à l'âge de 85 dans dans la nuit de vendredi à samedi à Loudun (centre) dans sa maison familiale, a-t-on appris auprès de la préfecture.

M. Monory, qui a été ministre à plusieurs reprises, était malade depuis une dizaine d'années et avait été hospitalisé à plusieurs reprises au cours des derniers mois, notamment pour des problèmes respiratoires.

Né le 6 juin 1923 à Loudun, dans la Vienne, autodidacte, M. Monory a présidé de 1992 à 1998 le Sénat, la chambre haute du parlement français. Il avait pris sa retraite politique en 2004, quittant le Sénat où il siégeait depuis 1968.

L'annonce de son décès a suscité de nombreuses réactions dans le monde politique. Le président Nicolas Sarkozy a salué sa mémoire, en soulignant que "sa carrière, à l'image de sa vie, s'était inscrite dans le respect intransigeant des valeurs humanistes".

Le Premier ministre François Fillon a exprimé sa "très grande tristesse", saluant "le parcours exceptionnel d'un homme d'origine modeste", "exemple remarquable de réussite individuelle au service de la France".

Personnalité atypique, ce passionné de nouvelles technologies à la forte carrure, qui ironisait sur les intellectuels, avait construit sa carrière avec obstination à partir de sa ville de Loudun.

Fils unique d'un mécanicien et d'une employée de ferme, M. Monory débute en 1939 comme apprenti dans le petit garage paternel, qu'il transforme en une prospère concession d'automobiles et de machines agricoles. Le jeune entrepreneur, surnommé "le garagiste de Loudun", est élu maire de la ville en 1959 et entre deux ans plus tard au conseil général de la Vienne, dont il devient président en 1977. Sa haute taille et son tempérament bourru lui valent un autre surnom, celui de "shérif".

Nommé en mars 1977 ministre de l'Industrie de Raymond Barre, il entre au Conseil national de l'UDF (centre-droit) dès sa création, en 1978. La même année, il devient le dernier ministre de l'Economie sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing (1978-1981), puis revient au gouvernement comme ministre de l'Education de Jacques Chirac pendant la première cohabitation avec le président socialiste François Mitterrand (1986-1988).

Ce solitaire, marié et père d'une fille, qui se targuait de ne pas fréquenter les dîners en ville, accède en 1992 à la présidence du Sénat, devenant ainsi le deuxième personnage de l'Etat, jusqu'en 1998.

La réalisation dont il était le plus fier est le Futuroscope, près de Poitiers, où il a fait pousser en plus de vingt ans un parc d'attractions et une technopole sur des champs de betteraves, créant des milliers d'emplois. Il a présidé ce parc européen de l'image de 1987 à 2000.

(Belga)

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