Quand Renault anticipait le suicide de ses employés accusés d'espionnage

Renault/faux espionnage: un éventuel suicide a été anticipé par la direction
Renault/faux espionnage: un éventuel suicide a été anticipé par la direction - © BERTRAND GUAY - AFP

Renault avait anticipé un éventuel suicide ou tentative de suicide des cadres suspectés dans l'affaire de faux espionnage qui avait secoué le constructeur automobile français en 2011, a confirmé vendredi une porte-parole du groupe.

La direction de Renault avait anticipé l'éventualité de tels actes de désespoir des trois cadres, dont l'enquête révélera qu'ils avaient été accusés à tort. Elle avait rédigé à l'avance des communiqués, selon des informations divulguées par France Info, France Inter et Le Parisien.

"En tant qu'entreprise du CAC 40, en cas de crise, notre communication envisage toutes les possibilités et celle-ci en faisait partie", a déclaré à l'AFP une porte-parole.

Des communiqués rédigés à l'avance

Le Parisien publie un document, versé au dossier d'instruction de l'affaire, qui fait état de communiqués à diffuser pour le cas où ces cadres mettraient ou tenteraient de mettre fin à leurs jours.

Le document fait état de deux options : la première est à utiliser si "l'un des cadres a tenté de mettre fin à ses jours", tandis que la seconde est à reprendre s'il "a mis fin à ses jours".

"C'était de l'anticipation pure, des éléments de langage pour être prêt à répondre aux journalistes", a déclaré Frédérique Le Grèves, qui occupe désormais le poste de chef de cabinet de Carlos Ghosn, le PDG de Renault.

Le directeur de la communication externe de Renault, Stéphane Guilbaud, cité par France Info, a également reconnu que des "travaux préparatoires à la gestion de la crise" avaient été engagés chez Renault.

Des pratiques dénoncées

Harlem Désir, l'ancien patron de SOS racisme, qui pourrait reprendre la direction du parti socialiste, tout comme Patrick Monange, le représentant de Force Ouvrière chez Renault, ont fait part de leur indignation sur France Info ce vendredi matin. Si le premier parle de "cynisme" et d'"indécence", le deuxième a fait part de son intention de saisir le ministère du Travail pour dénoncer "le cynisme intégral de Renault".

Rétroactes

Renault avait mis à pied les trois cadres qu'il soupçonnait d'espionnage, avant de leur présenter quelques mois plus tard ses excuses pour les avoir accusés à tort. Les cadres ont été fortement indemnisés et l'un d'entre eux a réintégré le groupe.

Dans cette affaire de faux espionnage, deux anciens cadres du service de sécurité sont mis en examen.

RTBF avec Belga et Reuter

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