Votation en Suisse sur la téléredevance: le financement de l'audiovisuel public remis en cause en Europe

Les Suisses votent dimanche sur la fin éventuelle de la redevance radio-télé: un débat particulièrement clivant entre les défenseurs et les pourfendeurs du service public.

Mais il n’y a pas qu’en Suisse que la question du financement de l’audiovisuel se pose. C’est le cas dans un certain nombre de pays européens, avec d’ailleurs parfois la clé des réductions de budgets pour les médias publics.

En France par exemple, l’État impose 80 millions d’économies aux télés et aux radios publiques. Il y avait d’ailleurs eu des grèves à France Télévisions il y a quelques mois. En Allemagne aussi, il y a des critiques sur la redevance radio-télé et il y a d’ailleurs un projet de réduction qui est sur la table.

Des économies aussi récemment en Italie, en Espagne et à la BBC au Royaume-Uni, et puis chez nous, en 2014, le CDH avait voulu privatiser certaines émissions de la RTBF.

Quels montants?

Le système change d'un pays à l’autre. Souvent, il s’agit d’une redevance, donc ça veut dire que l’utilisateur qui utilise le service public le paie. Donc, celui qui a une télé paie pour ce qu’il y regarde. C’est le cas en Suisse, avec un petit peu moins de 400 euros par an et par ménage, et c’est ça qui est remis en cause ce week-end là-bas.

C’est presque le même montant au Danemark. Ce sont d’ailleurs les redevances les plus élevées d’Europe. Aux Royaume-Uni, ce montant ne dépasse pas les 160 euros, en France c’est 140 euros par an et par ménage.

En Wallonie, cette redevance s'élevait à 100 euros jusqu’à il y a très peu de temps, puisque la redevance radio-télé vient de disparaître. Elle n’existait déjà plus depuis un certain moment à Bruxelles et en Flandre.

Et si les financements publics disparaissent?

Une redevance wallonne qui n’allait pas dans les caisses de la RTBF puisqu'elle dépend directement d’une dotation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui représente plus ou moins trois quarts du budget.

En Suisse, l’argument des opposants à la redevance est que les médias publics doivent se financer comme le privé, avec des abonnements de ceux qui veulent, sur base volontaire, payer pour s’abonner à ce média et avec la publicité. C’est leur argumentaire, mais le problème pour Pascal Crittin, le directeur de la radio-télévision publique suisse, est que sans ressources publiques, plus de programmes, et ça devient un cercle vicieux.

"Si on ne peut pas produire les émissions qui sont financées par ces ressources, on n’obtient pas la publicité qui complète le financement, parce que sans émission il n’y a pas de publicité. Donc, dans un système mécanique, vicieux et très simple, tout s’effondre. Pour produire une minute de télévision en Suisse, il faut cinq minutes de publicité. C’est une activité absolument non rentable vu la petitesse des marchés."

Un raisonnement presque similaire en Belgique francophone, un petit marché aussi sans financement public, avec beaucoup moins de films, de séries et d’émissions locales produites en Belgique.
 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK