"Regardez ce qu'il se passe en Europe": Trump justifie son décret anti-réfugiés

"Regardez ce qu'il se passe en Europe": Trump justifie son décret anti-immigration
"Regardez ce qu'il se passe en Europe": Trump justifie son décret anti-immigration - © Tous droits réservés

L'Amérique a besoin de "frontières fortes" et de "vérifications extrêmes" a déclaré Donald Trump dimanche sur son compte Twitter, dans une apparente réaction au revers judiciaire imposé à son décret sur l'immigration par une juge américaine.

"Notre pays a besoin de frontières fortes et de vérifications extrêmes MAINTENANT", a t-il écrit. "Regardez ce qui se passe en Europe et, en effet, dans le monde - chaos horrible! " a ajouté le président américain, fidèle à une routine désormais établie de commenter l'actualité de la veille depuis son compte personnel sur Twitter.

Sa réaction semble avoir été provoquée par la couverture de cette affaire par le New York Times auquel il a consacré son premier tweet de la matinée pour qualifier le quotidien de référence de "FAKE NEWS" (fausses informations) en suggérant que quelqu'un le rachète pour le "remettre en ordre ou l'enterrer dignement".

Un juge fédéral de Brooklyn, saisi par plusieurs associations de défense des droits de l'homme, a ordonné samedi soir l'arrêt des expulsions de ressortissants des sept pays musulmans concernés par le décret présidentiel -Iran, Irak, Yémen, Somalie, Libye, Syrie, Soudan- disposant des papiers les autorisant à entrer aux Etats-Unis.

Discrimination religieuse ?

Aux Etats-Unis, des manifestations auront lieu dimanche à Washington et à New York. Les patrons d'Apple, Google et Facebook se sont émus de l'impact sur leurs propres employés.

L'opposition démocrate a appelé au retrait du décret anti-réfugiés, dénonçant son caractère contraire aux valeurs américaines et son inefficacité pour lutter contre la menace djihadiste. Il "ne fera que galvaniser ceux qui cherchent à nous faire du mal", a déclaré le chef des démocrates du Sénat, Chuck Schumer.

Au sein de la majorité républicaine, le malaise était perceptible. Peu d'élus ont publiquement pris la défense de Donald Trump, et une poignée de républicains ont condamné tout ou une partie du décret.

Pour l'élu du Michigan Justin Amash, le décret semblait être plus motivé par des questions politiques que sécuritaires. "Si on s'inquiète du radicalisme/terrorisme, pourquoi pas l'Arabie saoudite, le Pakistan et d'autres?" a-t-il écrit sur Twitter. "Les tribunaux jugeront s'il est allé trop loin" a prudemment déclaré dimanche Mitch McConnell, chef de la majorité sénatoriale, sur ABC.

C'est en effet devant la justice que le sort du décret devrait se décider. La décision en urgence de la juge de Brooklyn s'ajoute à trois autres dans le pays bloquant les expulsions, mais aucune ne tranche sur la constitutionnalité de la décision présidentielle. "Cela finira probablement devant la Cour suprême", a prédit Anthony Romero, directeur de l'ONG ACLU, sur CNN.

La Maison Blanche a défendu un acte nécessaire pour ne "pas laisser s'infiltrer quelqu'un qui cherche à nous nuire", a martelé Sean Spicer.

L'exécutif devait aussi se défendre d'une volonté de discrimination religieuse. A la fin de la période de 120 jours, le décret stipule en effet que la priorité sera donnée aux réfugiés persécutés en raison de leur religion, une phrase désignant implicitement les chrétiens de Syrie et d'Irak. Le président républicain n'a lui-même laissé aucun doute quant à cette préférence.

"Les chrétiens du Moyen-Orient sont exécutés en grand nombre. Nous ne pouvons laisser cette horreur se perpétuer!" a-t-il écrit sur Twitter dimanche.

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