Réfugiés: le chef du HCR appelle l'UE à l'unité et stigmatise la Hongrie

Réfugiés: le patron du HCR appelle l'UE à l'unité et à la solidarité et stigmatise la Hongrie
Réfugiés: le patron du HCR appelle l'UE à l'unité et à la solidarité et stigmatise la Hongrie - © FABRICE COFFRINI - AFP

Le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, l'ex-Premier ministre portugais Antonio Guterres, a lancé mardi à Bruxelles un appel vibrant à l'Union européenne - et en particulier à ses membres d'Europe de l'est réticents à accueillir des demandeurs d'asile - à faire preuve d'"unité" et de "solidarité" dans la crise migratoire, agitant le risque d'une perte de pertinence de l'UE sur la scène internationale.

"Ce n'est pas seulement une question de solidarité", a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse, au lendemain de l'échec des ministres européens de l'Intérieur à s'entendre sur la répartition entre les 28 Etats-membres de 120.000 demandeurs d'asile se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie dans une "situation d'urgence".

"C'est un moment de vérité pour l'Union européenne", a dit le haut commissaire en rappelant que la première crise humanitaire à laquelle le haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait dû faire face après sa création, s'était produite, voici 59 ans, en Hongrie, quand 200 000 personnes avaient quitté le pays après l'écrasement de la révolution hongroise de 1956 par l'armée soviétique. La plupart d'entre elles avaient été "rélocalisés" en trois mois en Europe grâce à la solidarité des pays du continent.

Principal pays de transit pour les demandeurs d'asile - principalement syriens - qui veulent gagner l'Europe de l'ouest, la Hongrie a physiquement fermé lundi le principal point de passage de migrants à sa frontière avec la Serbie et s'apprête à faire de même du côté roumain. Le gouvernement du Premier ministre populiste Viktor Orban a aussi mis en place une législation restrictive, bloquant l'arrivée de nouveaux candidats à l'exil sur son territoire.

Selon le patron du HCR, la fermeture par Budapest de sa frontière avec la Serbie va provoquer une "situation d'urgence en Serbie", à l'approche de l'hiver. "Nous devons avoir des centres d'accueil en Serbie et commencer la relocalisation (des réfugiés) à partir de la Serbie", qui "va être un point de concentration".

M. Guterres a assuré que la crise migratoire à laquelle l'Europe est confrontée est "gérable" - avec 400 000 personnes arrivées sur le continent depuis le début de l'année, pour une population de plus de 500 millions d'habitants - mais "à condition qu'elle soit gérée".

Il a plaidé en faveur de l'adoption rapide d'un "plan B", sans attendre le sommet européen de la mi-octobre, en appelant les pays volontaires à s'engager sans tarder dans une répartition des réfugiés.

Ce "plan B" consisterait à ce que l'UE et ses agences accordent un "soutien massif immédiat" pour installer des "hotspots" (des centres d'accueil et d'enregistrement des demandeurs d'asile contrôlés par la Commission européenne) en Italie, en Grèce et idéalement en Hongrie, qui le refuse. Ces centres permettraient d'accueillir correctement les migrants et de procéder à leur enregistrement et à leur "screening" pour déterminer qui est en droit de bénéficier de la protection offerte par le statut de réfugiés.

Pour Antonio Guterres, la crise actuelle n'est "pas bonne pour l'image de l'Europe dans le monde". Faute d'agir de manière unie, elle deviendra "inévitablement irrelevante" sur la scène mondiale, a-t-il prévenu.

"Une Europe qui accueille les Syriens est quelque chose qui aide à vaincre (le groupe terroriste) Etat islamique". Mais "une Europe qui rejette les Syriens, en particulier parce qu'ils sont musulmans, est quelque chose qui aide la propagande de l'Etat islamique", a-t-il renchéri.

Une majorité d'Etats membres se sont engagés lundi sur le principe d'une relocalisation des 120 000 réfugiés (après avoir accepté celle de 40 000 autres), mais il n'y a pas eu d'accord unanime sur ce mécanisme d'urgence proposé par la Commission européenne. Des pays comme la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie ne veulent en entendre parler.

 

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