Référendum en Macédoine: plus de 90% pour changer le nom

"Plus de 90%" des électeurs ont approuvé par référendum dimanche l'accord avec la Grèce visant à changer le nom de la Macédoine et le Parlement doit "confirmer la volonté de la majorité", a dit à l'AFP le Premier ministre Zoran Zaev.

Marqué par une forte abstention (environ les deux tiers des électeurs), ce scrutin est consultatif et doit désormais être validé par un vote à la majorité des deux tiers des députés. Une majorité dont ne disposent pas le chef du gouvernement social-démocrate et ses alliés des partis de la minorité albanaise. Il doit donc compter sur le ralliement d'une dizaine de députés de l'opposition de droite (VMRO-DPMNE).

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, a exprimé dimanche son soutien à son homologue macédonien Zoran Zaev.

Promesses de stabilité et de prospérité

Pays pauvre des Balkans qui a payé son isolement d'un marasme économique persistant, la Macédoine entend intégrer ces organisations, promesses de stabilité et de prospérité pour beaucoup.

Cette quête se voit entravée par le veto d'Athènes, pour qui le nom de Macédoine est exclusivement celui de sa province septentrionale, autour de Thessalonique.

Depuis l'indépendance de l'ex-République yougoslave en 1991, les Grecs crient à l'usurpation d'identité, à la spoliation d'héritage, notamment celui du roi antique Alexandre le Grand. Ils soupçonnent leurs voisins, majoritairement slaves, de dissimuler des ambitions territoriales.

Achevées en 2017, les années au pouvoir de la droite nationaliste macédonienne (VMRO-DPMNE), ont encore tendu les relations. Le pays s'est alors couvert de statues et de références à Alexandre Le Grand et Philippe de Macédoine, suscitant invariablement l'ire grecque.

Mais en juin, le nouveau Premier ministre social-démocrate Zoran Zaev a signé avec son homologue Alexis Tsipras un accord susceptible de clore ce différend: si (et seulement si) le nom de "République de Macédoine du Nord" devait être adopté, Athènes cesserait de s'opposer à une adhésion de son voisin à l'Otan et l'UE. Le président du pays, Gjorgje Ivanov, proche de la droite nationaliste, avait lui refusé de signer l'accord, qui selon lui, "rendrait la Macédoine dépendante d'un tiers Etat, la Grèce en l'occurrence."

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