Référendum: Erdogan somme les observateurs européens de "rester à leur place"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a enjoint lundi aux représentants de l'OSCE et du Conseil de l'Europe ayant observé le référendum constitutionnel de "rester à leur place", après qu'ils eurent publié un rapport préliminaire critique.

Ils nous font attendre à la porte depuis 54 ans, n'est-ce pas?

"Ils préparent un rapport à leur goût. (...) Déjà, restez à votre place ! ", a lancé Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à son palais présidentiel à Ankara. "Nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer", a-t-il ajouté, après que l'OSCE et le Conseil de l'Europe eurent estimé que le référendum s'était déroulé dans des conditions inéquitables.

M. Erdogan a aussi adopté un ton ferme à l'égard l'Union européenne, évoquant l'organisation d'un référendum pour décider de poursuivre ou non les négociations d'adhésion de la Turquie au groupement.

"Ils nous font attendre à la porte de l'Union européenne depuis 54 ans, n'est-ce-pas ? (...) Nous pourrons aller au-devant de notre peuple, et nous obéirons à sa décision", a lancé Recep Tayyip Erdogan lors de ce discours virulent au palais présidentiel.

Peine de mort

Les relations entre Ankara et l'UE se sont fortement tendues ces derniers mois, le président turc accusant certains dirigeants européens d'avoir recours à des "pratiques nazies" après l'annulation de meetings pro-Erdogan, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. "L'Union européenne menace de geler les négociations. A vrai dire, ce n'est pas très important pour nous. Qu'ils nous communiquent leur décision !", a ajouté M. Erdogan.

Il a aussi répété qu'il approuverait le rétablissement de la peine de mort en cas de vote en ce sens au parlement, faute de quoi un référendum sur la question serait organisé.

Régime présidentiel 

Dimanche soir, le Premier ministre turc Binali Yildrim a annoncé la victoire du "oui" au référendum sur une réforme de la loi fondamentale avec 51,36%. Par ce référendum, la Turquie ouvre la voie à un régime concentrant tout le pouvoir dans les mains d'un seul homme, le président, en la personne de Recep Tayyip Erdogan.

Manifestation ce lundi soir dans les rues d'Istanbul (images ARD)

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