Violences policières, plus de 800 blessés, urnes saisies: le premier résultat du référendum, c'est l'indignation

Référendum en Catalogne: plus de 300 personnes blessées par des violences policières, selon le gouvernement catalan
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Référendum en Catalogne: plus de 300 personnes blessées par des violences policières, selon le gouvernement catalan - © Tous droits réservés

Des milliers de Catalans se sont rendus aux urnes ce dimanche pour le référendum d'autodétermination, interdit par la justice espagnole. Alors que Madrid a tenté par tous les moyens d'empêcher la tenue de ce vote populaire, le gouvernement régional a tout de même mis en place les bureaux de vote. 

Ce dimanche matin, ils étaient nombreux à vouloir voter. La police nationale est rapidement intervenue, faisant barrage aux votants, confisquant des urnes et usant de violence pour disperser la foule. Les services de santé catalans ont "accueilli 844 personnes dans les hôpitaux et centres de santé", la majorité pour des malaises ou des maux légers, et parmi elles "92 blessés et un blessé grave, touché à l'oeil", a indiqué dimanche un porte-parole

Une violence déjà dénoncée par plusieurs leaders politiques européens, dont le Premier ministre belge Charles Michel et la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, et qui a entrâiné une demande de démission du premier ministre Rajoy de la part de Podemos.

Violences policières

Vers 9h, la police nationale s'est déployée dans plusieurs bureaux de vote, et a saisi des urnes dans plusieurs d'entre eux, selon le ministère de l'Intérieur. Les forces anti-émeutes font barrière aux votants, afin de les empêcher d'atteindre les bureaux de vote, avec une certaine violence lorsque les protestataires refusent de se retirer du chemin des camionnettes de police.

Les policiers anti-émeutes ont également utilisé des balles en caoutchouc à Barcelone. Les manifestants ont tenté de protéger les bureaux de vote lorsque la police y a pénétré de force pour saisir des urnes et le matériel de vote.

Le président indépendantiste de l'exécutif catalan Carles Puigdemont a dénoncé la "violence injustifiée" dont a fait usage la police nationale. A la mi-journée le représentant du gouvernement espagnol en Catalogne l'a au contraire pressé de mettre fin à la "farce" du référendum, le tenant pour responsable des évènements de la journée.

Le ministre catalan des Affaires étrangères, Raul Romeva, a ajouté que Barcelone avait pris contact avec l'Union européenne concernant "la violation des droits fondamentaux qui met en péril l'UE elle-même". Il a pressé "les institutions européennes à condamner la violence dont les citoyens européens souffrent."

►►►La police nationale use de violence pour disperser la foule de protestataires◄◄◄

Des policiers sont également entrés de force dans le bureau de vote du président régional, à Gérone, sans pour autant l'empêcher de voter. De nombreuses personnes ont d'ailleurs posté des photos et vidéos d'eux en train de mettre leur bulletin de vote dans l'urne, avec cette exclamation "Ja he votat !", "J'ai voté !" en catalan.

La police catalane, appelée Los Mossos, est présente, mais ne semble pas intervenir, se contentant de parlementer avec les votants, selon plusieurs témoignages.

La maire de Barcelone, Ada Colau, a traité Mariano Rajoy, le Premier espagnol, de "lâche" dans un tweet cinglant, en réaction au déploiement des forces anti-émeute espagnoles dans sa ville.

Face à ce déploiement de force, le porte-parole du gouvernement catalan Jordi Turull a indiqué que les électeurs catalans avaient pu se rendre dans le bureau de vote de leur choix -et pas seulement celui qui leur avait été désigné-, et a assuré qu'un système avait été mis en place afin d'empêcher que les électeurs puissent voter plus d'une fois.

Madrid utilise tous les moyens pour empêcher le référendum

Madrid tente depuis plusieurs jours, par tous les moyens, d'empêcher la tenue de ce référendum interdit par la justice espagnole. Dernière action en date : la désactivation du logiciel informatique qui permet de mettre en connexion tous les bureaux de vote, menaçant l'intégrité du vote. Une intransigeance qui renforce le sentiment d'injustice, et ravive la flamme indépendantiste des Catalans.

Carles Puigdemont, le président régional catalan, a demandé samedi, veille du référendum, une médiation avec Madrid, tout en assurant que les Catalans ne renonceraient pas à leur droit de voter.

►►► Puidgemont veut une "médiation" pour résoudre le conflit avec Madrid ◄◄◄

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