Réchauffement climatique, pollution, gaz à effet de serre : comment va la Terre en 2021?

Ce jeudi 22 avril est journée mondiale de la Terre. Instituée depuis 1970, cette journée est le plus grand événement consacré à l’environnement dans le monde. Mais notre planète n’est pas vraiment à la fête. Le réchauffement climatique n’a pas disparu, loin de là.

Comment va la Terre en 2021, un an après le déclenchement de l’épidémie de coronavirus ? Les confinements stricts décrétés dans plusieurs pays ont-ils vraiment eu un effet positif sur l’environnement ? Quel est l’état de santé de la planète bleue alors que se tient ces jeudi et vendredi un sommet mondial pour le climat à l’initiative du président américain Joe Biden et avant la Cop26 qui se tiendra en novembre à Glasgow ? Tour d’horizon des données actuellement disponibles.

1. 2020, une des années les plus chaudes

L’Organisation météorologique mondiale a rendu public ce lundi son dernier rapport. Et il n’est pas très optimiste. L’année 2020 a été, disent les experts de l’OMM, l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées avec une hausse des températures de 1,2 degré par rapport à l’ère préindustrielle. Avec des constats parfois alarmants. Par exemple, le 20 juin 2020, à Verkhoyansk en Russie, il a fait 38 degrés. Un record alors que Verkhoyansk est situé au nord du cercle polaire.

A l’échelle mondiale, selon l’OMM, "les six dernières années, 2015-2020, étaient les six plus chaudes jamais enregistrées".

2020 a été l’année la plus chaude en Europe, selon le rapport sur le climat du programme européen Copernicus. La température moyenne a dépassé de 0,4 degré la température moyenne des cinq années les plus chaudes suivantes (toutes dans la dernière décennie). Le réchauffement est plus marqué en hiver : +1,4 degré que le précédent record et 3,4 degrés de plus si l’on prend la moyenne des hivers 1981-2010.

En Belgique, 2020 a également battu tous les records en termes de températures. "En 2020, la température moyenne à Uccle a été de 12,2 °C (normale : 10,6 °C). C’est un nouveau record absolu depuis 1833 car, pour la première fois, la température moyenne annuelle dépasse 12 °C. Le record précédent (11,9 °C) datait de 2018 et de 2014", rappelle le site fédéral Climat.be.

2. Les gaz à effet de serre augmentent

Des températures en hausse, le climat qui se réchauffe partout sur la terre : une conséquence des émissions des gaz à effet de serre. Petteri Taalas, le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, le dit dans le rapport de son organisation : "Les concentrations des principaux gaz à effet de serre (NDLR : dioxyde de carbone, méthane et protoxyde d’azote) ont continué d’augmenter en 2019 et 2020".

Ce malgré la pandémie et le ralentissement de l’économie et alors que les discours étaient à l’optimisme. Plusieurs pays, dont des puissances mondiales comme la Chine, sont entrés en confinement. Les industries ont fermé leurs portes. Les avions sont restés au sol. Les niveaux de pollution ont drastiquement baissé, notamment en février, mars et avril.

Un trompe-l’œil car à la fin de l’année, les concentrations en dioxyde de carbone (CO2) ont déjà dépassé les 410 ppm (parties par million). "Si la concentration de CO2 suit le même schéma que les années précédentes, elle pourrait atteindre ou dépasser 414 ppm en 2021", s’inquiète Petteri Taalas. "La stabilisation de la température moyenne mondiale de 1,5 degré à 2 degrés au-dessus des niveaux préindustriels d’ici à la fin de ce siècle exigera une réduction ambitieuse des émissions de gaz à effet de serre, qui doit commencer à se produire au cours de cette décennie."

Rappelons que les objectifs de l’accord de Paris, conclu en 2015 visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement mondial à +2 degrés et même +1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle. Pour cela, les émissions de CO2 doivent baisser de 7,6% par an d’ici à 2030.

3. Toujours plus d’industries polluantes

Les émissions de CO2 des usines devraient augmenter de 1,5 milliard de tonnes en 2021 dans le monde : c’est ce que prédit l’Agence internationale de l’énergie. Son rapport publié mardi indique qu’il s’agirait de la deuxième plus forte hausse de l’histoire.

Comment expliquer cela ? La pandémie de coronavirus a presque mis au tapis plusieurs économies. Pour les relancer, plusieurs pays ont réinvesti dans des énergies polluantes. Chine et Brésil sont concernés. Ces pays ont ainsi recours au charbon, source d’énergie peu chère mais très polluante.

Mais un troisième acteur, non des moindres, est invité à réaliser des efforts considérables. "Tous les chemins menant à la réussite de la transition vers des énergies propres au niveau mondial passent par l’Inde" et son milliard trois cents millions d’habitants, souligne l’Agence internationale de l’énergie.

L’énergie solaire compte actuellement pour moins de 4% de la production d’électricité de l’Inde et le charbon 70% (700 millions de tonnes par an, deuxième producteur derrière la Chine). Le pays sait qu’il doit produire des efforts : d’ici à 2040, le solaire et le charbon devraient représenter chacun environ 30% de la production, selon l’AIE, alors que les émissions de carbone risquent encore d’augmenter de 50% d’ici à 2040.

4. Le niveau de la mer qui monte

Le niveau de la mer a monté en 2020. Un phénomène qui ne date pas de l’année dernière, relève encore l’Organisation météorologique mondiale. "En moyenne, depuis le début de 1993, le taux moyen mondial d’élévation du niveau de la mer basé sur l’altimétrie s’élevait à 3,3 mm par an." En cause : la fonte des calottes glaciaires.

Dans le même temps, le stockage de la chaleur et l’acidification des océans augmentent, ce qui a pour effet de réduire la capacité des océans à modérer le changement climatique. Toujours selon le même rapport, l’étendue minimale de la glace de mer dans l’Arctique en septembre 2020 a été la deuxième plus faible jamais enregistrée.

5. Tempêtes, ouragans, cyclones

2020, l’année des cyclones et des ouragans. "Le nombre de cyclones tropicaux dans le monde était au-dessus de la moyenne en 2020, avec 98 tempêtes tropicales", comptabilisées dans l’hémisphère Nord (2020) et dans l’hémisphère sud (pour la saison 2019/2020).

La région de l’Atlantique Nord a subi 30 cyclones tropicaux, battant le record de 2005. Douze ont frappé les Etats-Unis, dont cinq l’état de Louisiane. Parmi eux, Laura (27 et 28 août) qui a également frappé Haïti et la République dominicaine causant une septantaine de décès et des dégâts estimés à 19 milliards de dollars.

6. Des forêts vulnérables et menacées

Six millions d’arbres analysés, dans cinq pays d’Afrique. Conclusion pour le Centre français de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et de l’Institut français de recherche pour le développement (IRD) : les forêts tropicales d’Afrique centrale, très important puits de stockage de carbone, sont particulièrement vulnérables au changement climatique et à la pression des activités humaines.

Ce bassin forestier, situé au Cameroun, en République centrafricaine, au Gabon, au Congo-Brazzaville et en République démocratique du Congo (RDC) est le deuxième poumon vert du monde après l’Amazonie au Brésil. Il compte 190 espèces d’arbres.

Les changements climatiques et ceux dus à l’homme (agriculture, extraction de matières premières) peuvent y provoquent des dégâts. En croisant ces résultats, les chercheurs ont établi une carte de la vulnérabilité possible de ces zones forestières. Ces données doivent maintenant servir à mettre en place des politiques locales de préservation de la gestion durable des forêts, de leur biodiversité et de leur potentiel de lutte contre le réchauffement climatique par le stockage de carbone.

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