RDC : nouvelle tension au Parlement et dans la coalition au pouvoir

La police a dispersé mardi des partisans du président congolais Félix Tshisekedi aux abords de l’Assemblée nationale à Kinshasa, où ils protestaient contre un projet de réforme de la justice porté par des proches de l’ex-chef de l’Etat Joseph Kabila.

La police a lancé des gaz lacrymogènes contre des dizaines de partisans de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), le parti présidentiel, aux alentours du Palais du peuple, siège du parlement congolais, ont indiqué des témoins.

Les manifestants protestaient contre trois propositions de loi présentées par deux députés du Front commun pour le Congo (FCC), la plate-forme de M. Kabila, majoritaire au Parlement.

Issu de l’UDPS, le président Tshisekedi gouverne en coalition avec le FCC kabiliste. Le Premier ministre et une majorité des membres de son gouvernement sont issus du FCC.

Les trois propositions de loi portent sur le statut des magistrats. Il ne s’agit pas de "museler les magistrats du parquet", mais de les aider à "lutter contre la corruption", a assuré l’un des initiateurs des trois propositions de loi, l’ex-président de l’Assemblée, Aubin Minaku.

Dans un communiqué daté de lundi, l’UDPS estime au contraire que "ces propositions de lois ne visent qu’à entamer l’indépendance de la magistrature et ce, au profit du ministre de la justice", un membre du FCC.

Les quatre leaders de la coalition d’opposition Lamuka ont aussi estimé dans un communiqué que ces propositions de loi "portent un coup fatal au principe constitutionnel de séparation des pouvoirs", pour "couvrir les délits et crimes perpétrés durant (les) 18 ans" du régime de M. Kabila (2001-2018).

La crise autour des propositions de loi intervient juste après la condamnation samedi à 20 ans des travaux forcés de Vital Kamerhe, allié politique et directeur de cabinet du chef de l’Etat pour corruption.

Il y a dix jours, dans une autre affaire, la police avait entouré le siège du Parlement et empêché les élus de siéger.

Les députés majoritairement pro-Kabila devaient voter la destitution d’un cadre de l’UDPS, Jean-Marc Kabund-a-Kabund, de son poste de premier vice-président.

Fin mai, des députés en étaient venus aux mains dans l’hémicycle sur cette même question. République démocratique du Congo

 

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