RDC: libération de "prisonniers politiques et d'opinion" et réouverture de TV d'opposition

RDC: libération de "prisonniers politiques et d'opinion" et réouverture de TV d'opposition
RDC: libération de "prisonniers politiques et d'opinion" et réouverture de TV d'opposition - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Les autorités congolaises ont annoncé vendredi la libération d'une vingtaine de "prisonniers politiques et d'opinion" parmi lesquels deux militants pro-démocratie arrêtés le 15 mars 2015 à Kinshasa et la réouverture de deux chaînes de télévision appartenant à des opposants, lors d'une rencontre internationale sur la bonne gouvernance en Afrique.

L'opposition avait fourni une liste de 26 personnes dont elle réclamait la libération comme préalable à sa participation au "dialogue national inclusif" voulu par le président Joseph Kabila en vue d'élections "crédibles et apaisées" - à une date encore indéterminée - en République démocratique du Congo (RDC).

Les noms de Fred Bauma et Yves Makwambala, respectivement membres des mouvements citoyens Lucha (Lutte pour le changement) et Filimbi ("Coup de sifflet" en swahili) font partie des 24 "personnes qui doivent recouvrer la liberté ou la liberté provisoire", selon une liste signée par le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba.

M. Bauma est l'un des animateurs du mouvement des jeunes indignés Lucha, basé à Goma dans la province du Nord-Kivu (est de la RDC), tandis que M. Makwambala est le webmestre du site internet de Filimbi, qui se présente comme un collectif de mouvements d'éducation à la citoyenneté.

Poursuivis par la justice congolaise pour complot contre le président Kabila, les deux jeunes hommes sont détenus à la prison de Makala à Kinshasa. Leur procès était dans l'impasse depuis plusieurs semaines.

Jeudi à Goma, en recevant les militants de la Lucha qui lui demandaient l'ouverture de l'espace politique, M. Kabila avait promis de donner sa réponse sous 48 heures.

La libération des prisonniers politiques et d'opinion est un des préalables posés par certains opposants congolais pour la "décrispation du climat politique" en avant la tenue du "dialogue national inclusif", censée ouvrir la voie à des élections apaisées dans le pays, a déclaré M. Thambwe vendredi devant la presse à Kinshasa.

Le militant des droits de l'Homme Christopher Ngoy, en détention depuis les émeutes anti-pouvoir de janvier 2015, nées à la suite d'une tentative de révision de la loi électorale, est également concerné par la mesure gouvernementale.

Les noms des bénéficiaires de cette décision figurent sur une liste transmise au gouvernement par la représentation de l'Union européenne en RDC le 4 août, a détaillé M. Thambwe, à l'exception de deux personnes poursuivies l'une pour viol, l'autre pour escroquerie.

Le ministre faisait successivement allusion au député Eugène Diomi Ndongala, arrêté en 2014, et à Jean-Claude Muyambo (chef d'une petite formation politique d'opposition arrêté lors des manifestations de janvier 2015).

M. Thambwe a également signé vendredi, sur "instruction du président de la République Joseph Kabila", un document autorisant la réouverture de deux chaînes de télévision appartenant à des opposants, selon le site d'informations 7sur7.cd.

Ces deux chaînes sont Canal Kin, proche du sénateur et ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, détenu à La Haye, et Canal Futur TV, appartenant à l'ancien président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe, qui préside désormais le parti d'opposition Union pour la nation congolaise (UNC).

Canal Futur avait été fermée en 2011, alors que Canal Kin avait été fermé plus récemment, en 2015.

"A travers cet acte, Joseph Kabila envoie enfin des signaux clairs dans le sens de la décrispation de la vie politique" en RDC, a commenté 7sur7.cd.

M. Kabila préside la RDC depuis 2001. La fin de son mandat est fixée au 20 décembre. Alors que la Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat, l'opposition craint qu'il ne tente de s'accrocher au pouvoir.

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