RDC: les rebelles du M23 riposteront si les forces ONU les attaquent

"Nous, comme M23, nous n'avons pas le droit d'attaquer le contingent de l'ONU. Mais s'ils venaient à nous attaquer, nous avons le droit de répondre, de riposter, (...) de nous défendre", a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 28 mars une résolution créant une brigade d'intervention chargée de lutter contre les groupes armés dans l'Est, M23 en tête. Cette force devrait compter plus de 2500 hommes et être formée de trois bataillons d'infanterie, assistés d'une compagnie d'artillerie et d'une compagnie de reconnaissance et de "forces spéciales".

Ainsi renforcée, la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), qui a pour mandat la protection des civils, se voit confier la tâche supplémentaire de "mener des opérations offensives et ciblées" - seule ou avec l'armée congolaise - pour "stopper le développement de tous les groupes armés, les neutraliser et les désarmer".

Une force internationale d'ici la "fin du mois d'avril"

Bertrand Bisimwa, président politique du M23, avait estimé peu après le vote de la résolution que l'ONU venait de lever "l'option de la guerre", au lieu "d'encourager" les pourparlers de paix - laborieux - en cours depuis décembre à Kampala.

"Tous les déplacés, toutes les catastrophes" qui surviendront en raison du déploiement de la brigade dépendront de "la responsabilité du gouvernement de Kinshasa et du Conseil de sécurité des Nations Unies", a prévenu vendredi le lieutenant-colonel Kazarama.

La brigade d'intervention de l'ONU sera composée de troupes sud-africaines, tanzaniennes et malawites.

Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a annoncé qu'elle serait déployée d'ici "la fin du mois d'avril" mais le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, a pour sa part indiqué qu'elle serait "opérationnelle d'ici juillet".

Herman De Croo plaide pour une "pression internationale" accrue

Le député belge et ministre d'Etat Herman De Croo a appelé jeudi tous les amis de la République démocratique du Congo (RDC) à exercer une pression internationale pour "arrêter le scandale qui se produit dans le pays, notamment à l'est, et à aider la RDC à sortir de la crise dont elle souffre", a rapporté l'agence congolaise de presse (ACP, reçue vendredi à Bruxelles.

M. De Croo s'exprimait à l'issue d'un entretien au Palais peuple (le siège du parlement congolais) avec le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, avec qui il a passé en revue la situation générale du pays.

Pour solutionner une guerre qui a des origines internationales, il faut "agir de manière internationale", a-t-il dit, dans une référence au conflit causé par la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), qui affronte depuis près d'un an les Forces armées de la RDC (FARDC) dans la province du Nord-Kivu (est), frontalière du Rwanda.

"Une mine prête à exploser"

Pour lui, l'Europe ou la Belgique et les autres amis de la RDC doivent convaincre, (re)mettre de l'argent aux Nations Unies, mettre en place une force neutre pour revigorer la Mission de l'ONU pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), entrainer des brigades comme le fait la Belgique pour les FARDC, en vue de plus de sécurité sur toute l'étendue du pays.

Pour cela, les hommes politiques belges et congolais doivent avoir chaque fois des discussions franches, collaborer dans divers domaines (santé, infrastructures, etc.) et trouver des solutions aux nombreux problèmes des milliers de jeunes désœuvrés qui, à la longue, constituent "une mine prête à exploser", a ajouté M. De Croo, cité par l'ACP (officielle).

Selon le député et ex-président de la Chambre, toutes les potentialités et richesses naturelles du Congo le destinent à une grande prospérité. 

RTBF avec agences

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